Dans sa communication à l’endroit des diplomates du G20, le 5 juillet, Emmanuel Issoze Ngondet a déclaré que la masse salariale obère drastiquement le budget de l’Etat. Evaluée à 710 milliards de Francs CFA par an, elle représente près de 59% des recettes fiscales.

La masse salariale annuelle, d’une enveloppe de 710 milliards de Francs CFA, représente
près de 59% des recettes fiscales. © D.R.

 

Le Premier ministre a donné le ton de la campagne de communication censée permettre à tous de cerner le bien-fondé des mesures d’austérité annoncées. Lors des échanges avec les diplomates, le chef du gouvernement a indiqué que la masse salariale annuelle était «un poste de dépense très lourd pour le budget de l’Etat». La masse salariale annuelle s’élève à 710 milliards et représente près de 59% des recettes fiscales. L’objectif est de parvenir à un plafond de 400 milliards sur trois ans, un niveau jugé soutenable, au regard du niveau de recettes enregistrées par l’Etat.

Pour Issoze Ngondet, la maitrise de la masse salariale est incontournable, car le gouvernement entend rétablir dans la durée, sa capacité à maintenir les équilibres budgétaires. «La hausse de ces dernières années, a-t-il expliqué, évitant ainsi les informations erronées qui circulent par tous les canaux divers, est liée à deux logiques: la revalorisation du traitement des agents publics et politiques induite par la nouvelle grille de salaires des agents de l’Etat».

Cette revalorisation, a-t-il souligné, a eu un effet positif dans le maintien de la consommation des ménages en période de crise. Toutefois, «il y a eu un flux non-maitrisé des agents de l’Etat. La conjonction de ces deux facteurs a entrainé la situation que nous avons aujourd’hui», a-t-il relevé, indiquant que cela est insoutenable pour le budget de l’Etat dans les circonstances actuelles.

Pour mettre un terme à l’inflation de cette masse salariale, plusieurs actions sont donc menées : la réduction des effectifs des cabinets des membres du gouvernement et du cabinet du président de la République. «Le président de la République a réduit les effectifs de 40%, la primature en a réduit de 50% et les cabinets des ministres suivent cette même logique», a déclaré le chef du gouvernement.

Dès ce mois de juillet, a confirmé Issoze Ngondet, les agents de l’Etat seront mis sous bon de caisse. «Ceci pour assainir le fichier des agents de l’Etat. Il faut que nous soyons fixés sur la présence réelle de ces agents dans les services pour lesquels ils ont été commis», a-t-il souhaité.