Albertine Moupacka, 88 ans, a récemment trouvé la mort à la suite d’un lynchage par son fils, François Mabéké Boussougou, 51 ans. Cet acte de marricide s’est produit dans le village de Massima, une bourgade du district d’Etéké, près de Mimongo, le chef-lieu du département de l’Ogoulou (province de la Ngounié).

François Mabéké Boussougou, 51 ans - © Jonas Moulenda

Pour être l’auteur de ses malheurs depuis vingt sept ans déjà, selon les conclusions tirées de sa consultation chez un «Nganga» de nationalité congolaise à Moanda, dans sa province du Haut-Ogooué, François Mabéké Boussougou, 51 ans, de nationalité gabonaise, a pris la décision d’ôter la vie à sa mère Albertine Moupacka, 88 ans.

Selon une source judiciaire dont l’identité n’a pas été révélé, relayée par le journaliste Jonas Moulenda sur sa page facebook.com, «le quinquagénaire aurait administré des coups mortels à celle qui l’a mis au monde, l’envoyant ainsi de vie à trépas». Le sieur Mabéké Boussougou, a expliqué la source, «l’accusait des pratiques de sorcellerie à l’origine de ses malheurs».

«La veille du drame, François Mabéké Boussougou s’était rendu dans une forêt environnante en quête de kilogrammes d’or à revendre pour trouver de quoi nourrir sa famille nombreuses (dix-sept gosses). Mais les recherches se sont révélées infructueuses, l’orpailleur n’ayant obtenu que quatre pépites d’or, équivalant à 8 000 FCFA. De retour au village, le fils a immédiatement pris sa mère pour responsable de la guigne qui l’accompagnerait partout», a indiqué la source qui a relevé que «le quinquagénaire s’en est donc violemment pris à sa vieille mère, qu’il a tabassée copieusement, la blessant ainsi. L’octogénaire, grièvement touchée, a finalement succombé à ses blessures quelques heures après le lynchage. L’auteur du parricide a été aussitôt interpellé gardé à vue par la brigade de gendarmerie du district d’Eteké».

«Depuis vingt-sept ans, elle me punissait à vivre dans la souffrance avec mes dix-sept gosses. Pour faire vivre ma progéniture, il me fallait faire des bricoles. Mais rien ne marchait. J’en étais dépassé», a expliqué le quinquagénaire, relevant que sa mère l’aurait maudit lors d’un rituel.

Déféré devant le parquet de la République de Mouila, François Mabéké Boussougou a été placé en détention préventive, en attendant son jugement.

Selon le présumé meurtrier ses malheurs auraient débuté depuis 1985 lorsqu’il travaillait à Pétrogab, sa mère l’aurait maudit à la suite d’un rituel de malédiction officié contre lui parce qu’il ne lui envoyait pas de l’argent. A la suite de cet acte, il aurait été inexplicablement licencié par son employeur. En dépit des démarches entreprises partout pour trouver un autre emploi décent, il ne trouvait pas gain de cause. C’est ainsi que, il avait décidé de retourner à Massima s’investir dans l’exploitation de l’or. «Mais ironie du sort : après chaque prospection en forêt, même si je déploie mes efforts sur un terrain réputé riche, je n’obtenais rien de significatif comme les autres orpailleurs», a-t-il confié lors de audition.