Estimant avoir été abusé ces dernières années par son partenaire, le Parti démocratique gabonais (PDG), le président du Centre des libéraux réformateurs (CLR) a laissé entendre que son parti n’était plus dans la majorité.

Jean-Boniface Assélé, le président du CLR. © D.R.

 

Si rien n’est fait pour apaiser les tensions entre ses membres, le CLR pourrait officiellement déclarer sa sortie de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence (MRSE). En attendant cette hypothétique défection d’un des plus fidèles alliés du parti d’Ali Bongo, lundi 8 octobre, dans son émission «Assélé discute avec vous» sur la radio Génération nouvelle, l’oncle du président de la République a dit ne plus en être. Il faut dire que Jean Boniface Assélé a mal vécu la défaite de son parti aux législatives et locales du 6 octobre dernier.

Aussi, considère-t-il que le porte-parole de la présidence de la République n’avait pas à se réjouir dimanche dernier d’une victoire de la majorité mais plutôt de celle du PDG à ces élections. Au CLR, à l’instar des dirigeants, beaucoup considèrent, en effet, que la majorité n’existe plus que de nom. «La majorité n’est pas avec le pouvoir. La majorité au pouvoir, c’est le PDG mais le PDG ce n’est pas tout le pays», peste Jean Boniface Assélé, mettant en garde Ali Bongo contre d’éventuelles «grèves» et «manifestations», qui fragiliseraient sa légitimité.

Fâché de ce que l’on cherche à le «détruire», en dépit de la protection qu’il dit assurer au président de la République, le président du CLR annonce déjà qu’il refusera s’il est appelé à cogérer à nouveau l’Hôtel de ville de Libreville. La précédente expérience n’a pas été concluante, selon lui.

«J’étais uniquement chargé d’assurer l’intérim. Et chaque fois que j’étais au bureau, on m’apportait des papiers pour signer. Je signais des actes de décès. C’est tout ce que je faisais, et j’ai pris peur de ce que, à force de signer des actes de décès, c’est moi qui allais décéder. Je suis donc resté chez moi», raconte-t-il pour justifier son départ avant l’heure de l’Hôtel de ville.

L’autre raison qui explique que Jean Boniface Assélé boude la majorité est que certains au PDG lui auraient proposé de l’argent pour faire battre Alexandre Barro Chambrier actuellement au coude-à-coude avec le candidat du PDG au 1er siège du 4e arrondissement de Libreville, dans le cadre des législatives. «On ne m’achètera pas. Je ne laisserai pas ces choses se faire», promet-il, laissant entendre qu’il donnera un mot d’ordre à l’endroit des militants du CLR en faveur du candidat du Rassemblement héritage & modernité (RHM, opposition). Ce qui pourrait sonner définitivement le divorce du CLR d’avec ses alliés de la MRSE. Ça reste à voir.