Pour une meilleure coalition autour d’Ali Bongo, seul capable de «changer le système» et de «faire bouger les lignes», le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) propose de dissoudre le Parti démocratique gabonais (PDG), qui n’aurait plus rien à offrir au pays.

Le président de l’ACR, Bruno Ben Moubamba propose la dissolution du PDG. © D.R.

 

Neuf mois après son entrée au gouvernement, l’opposant, jadis un des plus critiques à l’endroit du président de la République, en est convaincu : seul Ali Bongo veut et est capable de «changer le système» décrié par de nombreux Gabonais depuis des décennies. Seul le président, dont il assure être un des plus fidèles soutiens, a «le pouvoir, la force et, finalement, la légitimité» de «faire bouger les lignes». Dans une interview au site de Jeune Afrique, le 18 juillet, Bruno Ben Moubamba a semblé considérer que le PDG est un frein au développement et au changement du Gabon. «Ce parti n’a plus rien à proposer au peuple gabonais», a estimé le président de l’ACR, qui n’y voit qu’une seule solution : la dissolution de cette formation politique au pouvoir depuis près de cinquante ans.

«A la place d’ABO [Ali Bongo Ondimba], je le dissoudrais pour construire une formation plus adaptée à la nouvelle donne, qui pourrait former une coalition avec de nouveaux partis, non pas dans le cadre d’une majorité présidentielle mais d’une coalition du renouveau», a proposé le vice-Premier ministre, avant d’accuser, une nouvelle fois, ceux qu’il considère comme des «faux amis» du chef de l’Etat. Ces derniers, pour la plupart militants au PDG, sont responsables, selon lui, de la mauvaise image d’Ali Bongo aussi bien auprès des Gabonais que des étrangers. Pour Bruno Ben Moubamba, ce sont notamment ces PDGistes qui, à cause «des questions de corporatisme et de défense d’intérêts personnels, ont fini par provoquer la sclérose de la société». Or, pense-t-il, une dissolution du PDG changerait la donne.

Si elle peut étonner certains, la proposition du leader de l’ACR n’est pas la première du genre. Au plus fort de la contestation de sa réélection, en septembre 2016, Guy Christian Mavioga faisait quasiment la même au candidat désigné du PDG vainqueur à la présidentielle d’août 2016. A l’époque, le secrétaire exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC), porte-parole de la majorité, encourageait Ali Bongo à créer «un nouveau parti politique made in Ali Bongo Ondimba», à défaut de toiletter de fond en comble le PDG, dont il est le premier responsable depuis 2009. Pour Guy Christian Mavioga, il s’agit de «séparer le bon grain de l’ivraie». Mais surtout, de permettre à Ali Bongo de mieux mettre en valeur ses projets pour le Gabon. D’autant qu’à ses yeux, seul Ali Bongo est «(celui) qui conduira inéluctablement et de manière résolue le Gabon vers la deuxième République et la prospérité partagée, avec l’égalité des chances».