Une semaine après le dépôt de leur préavis et le refus des autorités municipales de considérer leurs revendications, les agents de la mairie de Port-Gentil sont finalement entrés en grève cette semaine. Ils menacent par ailleurs d’attaquer en justice la mairie.

Des agents au piquet de grève, le 8 février 2017, à la mairie de Port-Gentil. © Gabonreview

 

A la suite du dépôt de leur préavis, les agents de la mairie de Port-Gentil se sont vus rétorquer la semaine dernière par le 1er maire adjoint que certaines de leurs revendications n’avaient plus lieu d’être, à l’exemple de l’application de la grille salariale. Si les autorités municipales avaient expliqué que cette question avait été réglée depuis avril 2016, elles n’avaient pas donné plus d’explications, ni sur le non-versement depuis plusieurs mois des prélèvements sur le salaire des agents à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ni sur l’arrêt de l’approvisionnement de la mutuelle municipale. Une attitude ayant décidé le Syndicat solidarité à rendre effective sa grève le lundi 6 février.

«Nous nous sommes rendus compte que la majorité des points de revendications, y compris ceux ayant été retenus par les autorités municipales, ne sont pas appliqués jusqu’à ce jour», a expliqué le porte-parole des agents, tout en dénonçant «la sourde oreille» et la mauvaise foi de la hiérarchie. «On nous dit que ces difficultés sont dues aux tensions de trésoreries que connaîtrait la mairie, mais les agents d’autres localités bénéficient de leurs prestations sociales. Il n’y a donc que la mairie de Port-Gentil qui est frappée par ces tensions de trésorerie».

S’agissant de l’arrêt de l’approvisionnement de la mutuelle municipale, les agents assurent qu’un budget de 50 millions de francs est alloué chaque année par le conseil municipal. Où sont passés les 100 millions de 2015 et 2016 ? Les agents aimeraient bien le savoir, d’autant qu’ils affirment que depuis deux ans «il n’y a pas un seul franc dans le compte de la mutuelle municipale». Sur la question de la grille salariale, des «tripatouillages» auraient été orchestrés par l’administration, si bien que la grille actuelle ne correspond plus à celle mise en place par la commission bipartite (administration et partenaires sociaux). La grève d’avertissement lancé en début de semaine devrait s’achever ce vendredi 10 février. Faute de réaction de la mairie, les agents promettent déjà d’«utiliser d’autres moyens» pour se faire attendre. «De toutes les façons, nous comptons ester en justice la mairie pour notre CNSS et tous les autres points, puisqu’elle reste sourde à nos revendications», a par ailleurs annoncé le leadeur du Syndicat solidarité.