Un collectif de conseillers municipaux de la commune d’Akanda a dénoncé, jeudi 15 juin, la récente adoption du compte administratif de l’exercice 2015, alors que de nombreuses zones d’ombre subsistent jusqu’à lors sur la gestion de Claude Michel Sezalory.

Les conseillers municipaux de la commune d’Akanda. © Gabonreview

 

Un passage en force. Voici comment Alfred Yeyet et ses compagnons du conseil municipal d’Akanda se représentent l’adoption, le 30 mai dernier, du compte administratif de l’exercice 2015. Plus de deux semaines après cette adoption, les conseillers municipaux crient à la violation de la loi par Claude Michel Sezalory, le maire d’Akanda. «Nous ne nous reconnaissons pas dans cette gestion douteuse et chaotique (et) ne tolérons guère ces multiples violation flagrante de la loi par le président du bureau du conseil», a déclaré le collectif des conseillers indépendants et de l’opposition, jeudi 15 juin.

Si les collaborateurs de l’édile d’Akanda ont invité le ministère de l’Intérieur «à prendre ses responsabilités», dans le bras-de-fer qui les oppose depuis mars dernier à Claude Michel Sezalory, c’est parce que le maire est soupçonné d’entretenir un flou au sujet de sa gestion depuis 2013. Les comptes de 2015, par exemple, ont-ils dit, laissent entrevoir plusieurs «irrégularités» et des non-dits, notamment au sujet du calcul lié à la masse salariale que les conseillers municipaux ont jugé «erroné», «les effectifs pléthoriques», les engagements financiers jugés hasardeux et souvent injustifiés, en plus du conflit d’intérêt dans lequel tremperait le maire.

Pourtant, «en dépit de tous ces griefs, ont regretté les conseillers, au moment de l’adoption du compte administratif, le président du bureau du conseil s’est octroyé le droit de participer au vote par le biais d’une procuration». Une attitude que le collectif a perçu comme de la provocation, tout comme il l’a présentée comme une «violation flagrante» des dispositions de la loi n°1/2014, qui interdit les présidents de conseil et les conseillers concernés par une affaire précise à prendre part au vote ou à la délibération au moment de l’examen de ladite affaire. Claude Michel Sezalory, lui, a semblé montrer qu’il est au-dessus de la loi. Ce qui avait poussé les conseillers indépendants et de l’opposition à quitter la salle. Alfred Yeyet et ses compagnons expliquent qu’ils ne souhaitaient pas «se rendre coupables de (la) mascarade» organisée par les conseillers de la majorité.

Dès lors, le collectif appelle à «l’annulation pure et simple du vote ayant consacré l’adoption du compte administratif exercice 2015, afin de (se) maintenir en conformité avec la loi», ainsi qu’à «l’application pure et simple de l’article 93 de la loi (sur la décentralisation), consacrée au délit d’initié dont fait l’objet le président du conseil». Pas sûr qu’ils obtiennent gain de cause.