Alors même que les populations sont appelées à se serrer la ceinture, crise économique et financière oblige, le vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou aurait, selon le journaliste Jonas Moulenda, fait l’acquisition de trois véhicules de luxe en France. Montant estimé : 650 millions de francs CFA.

Pierre-Claver Maganga Moussavou. © V. Fournier/Jeune Afrique

 

La facture de la Bentley (158 000 euros), datée du 2 octobre 2017. © Matindafrique.com

C’est la grande vie pour Pierre-Claver Maganga Moussavou. En dépit de la crise économique et financière ayant poussé récemment le gouvernement à initier des réformes en vue de réduire le train de vie de l’Etat, le vice-président de la République n’a pas changé ses habitudes. Bien au contraire. Son train de vie à lui semble d’ailleurs s’être amélioré ces derniers mois, au point qu’il s’autorise des achats pour le moins dispendieux hors du Gabon. En témoigne les factures rendues publiques ce vendredi par le journaliste Jonas Moulenda, dont le montant total se chiffrerait à 650 millions de francs CFA, correspondant à l’achat de 2 véhicules de grande marque et d’une avance pour l’acquisition d’un troisième véhicule de luxe.

Sur le site Matindafrique.com, notre confrère évoque en effet l’achat par Pierre-Claver Maganga Moussavou d’une Bentley Continental GT S8 facturée à 103 millions de francs et d’une Mercedes-Benz à 50 millions de francs. «Achetés en France, précise le journaliste qui vit sur place, les deux premiers véhicules ont déjà été livrés au vice-président d’Ali Bongo, tandis que la dernière commande est attente.» Il s’agirait d’une Porsche Cayenne estimée à 500 millions de francs.

Si le train de vie du vice-président de la République a de quoi surprendre, ces nouvelles acquisitions sont également loin d’être un bon exemple de la part d’une des premières autorités du Gabon, dont le gouvernement tente ces dernières semaines de faire accepter les mesures d’austérité aux populations. Des mesures auxquelles Pierre-Claver Maganga Moussavou avait lui-même adhéré le 11 juillet dernier à la faveur d’une déclaration officielle. Il en avait d’ailleurs profité pour réagir aux critiques de certains qui appelaient à supprimer son poste pour faire des économies. Le vice-président de la République avait alors assurer aux Gabonais qu’il ne coûtait pas cher au contribuable, au regard des faibles moyens mis à sa disposition. En octobre 2017, date de l’acquisition de la Bentley, la situation économique du Gabon était peut-être différente qu’elle ne l’est 9 mois après.