Le coordonnateur général de l’organisation non gouvernementale Initiative développement recherche conseil (IDRC Africa), Hervé Omva, explique dans cette interview à Gabonreview les contours de cet évènement.

Le coordonnateur général de l’ONG IDRC-Africa, Hervé Omva, dépité par la réaction des autorités. © Gabonreview

 

Pourquoi organisez-vous cet évènement ?

Hervé Omva : Nous sommes à la troisième édition du marché agricole et du made in Gabon. C’est un espace de promotion, de valorisation, d’échange, un carrefour de découverte, un voyage dans l’entrepreneuriat gabonais. Hervé Omva est une personne optimiste qui croit en la capacité de développement de ses compatriotes. C’est vraiment ce qui nous motive à porter notre modeste contribution à la diversification de notre économie. Le made in Gabon dont on parle, n’est pas un phénomène de mode. C’est une question de survie, parce que si aujourd’hui dans une économie mondialisée, nous ne maîtrisons pas la base de notre économie, nous risquons de disparaitre économiquement.

Quels sont les objectifs réels de cette initiative?

Il s’agit d’un espace économique qui vise à présenter à un large public le savoir-faire des entrepreneurs gabonais, mais également permettre à ces entrepreneurs de gagner en visibilité à travers leurs produits. C’est également une opération économique destinée à pousser ces personnes à intensifier leurs activités, les stimuler, les motiver pour qu’elles aillent plus loin et participent activement à l’élargissement de la base productive de l’économie nationale.

Le made in Gabon est une réalité ou un simple concept?

Je peux vous assurer que le concept a pris. Dans certains stands, il y a des personnes avec qui j’ai travaillé il y a six ans et qui ne produisaient que du manioc. Aujourd’hui, elles vendent la farine de manioc, du gari de manioc, de la farine de banane, et même de la pâtisserie à base de manioc. Donc le concept est bien intégré et assimilé. Maintenant nous voulons passer à une étape supérieure, amener les décideurs à comprendre le rôle et la place des acteurs que nous sommes dans la diversification de l’économie. Il serait intéressant que nous soyons associés dans la mise en place d’une véritable stratégie pour la diversification de notre économie.

Vous voyez au marché agricole et du made in Gabon, il y a plus de 150 produits transformés qui sont présentés par les coopératives et les entrepreneurs agricoles. Nous donnons de l’espace au ministère de l’Agriculture, mais malheureusement, il n’y a pas la présence de l’Agasa ou celle de l’Aganor, qui est l’Agence de normalisation. Sur quoi vont-elles se baser pour établir les normes ? Ce n’est pas en s’appuyant sur les données qu’elles récoltent de gauche à droite qu’elles vont concevoir des normes adaptées aux besoins réels et à la situation réelle de l’existant. Malgré l’absence de l’administration, les organisateurs ne sont pas déçus. Cela prouve que depuis 2009, les choses évoluent dans le bon sens de notre côté, même si l’administration reste au large. C’est dommage !