C’est en se présentant comme le «président élu de la République gabonaise» que Jean Ping a félicité le nouveau président français, Emmanuel Macron, le 7 mai 2017. Une façon pour l’opposant de pousser ses pions en vue de la reconnaissance de sa prétendue victoire à la présidentielle d’août 2016.

Jean Ping (gauche) doit-il compter sur Emmanuel Macron pour faire reconnaître sa victoire à la présidentielle de 2016 ? © Collage/Gabonreview

 

Emmanuel Macron élu nouveau président de la France, la victoire électorale réclamée par Jean Ping à la présidentielle d’août 2016 sera-t-elle enfin reconnue ? Peu croient que oui, mais l’intéressé, lui, semble espérer que tout reste possible, et n’a pas attendu longtemps pour jeter ses cartes. En effet, dès la publication des résultats officiels du second tour de l’élection présidentielle française, le 7 mai au soir, le candidat consensuel de l’opposition a adressé ses félicitations à l’ex-président du mouvement En Marche ! Des félicitations, postées sur Twitter, qui semblent avoir été exprimées avant Ali Bongo. Certains y ont vu une façon, pour Jean Ping, de se positionner, alors qu’il n’a pas cessé d’agiter les lobbies en sa faveur. D’autres cependant, s’étonnent du mélange des genres, tout de même incongru pour un ancien diplomate. La lettre de congratulation ne s’en tient pas à son objet (les félicitations) et fait du hors-sujet en allant bien au-delà, sans pour autant poser le problème qui tient à cœur son expéditeur et qu’il effleure vaguement en évoquant «la Nouvelle République gabonaise».

C’est, en effet, «en (sa) qualité de président élu de la République gabonaise et au nom du peuple gabonais» que l’ancien président de la commission de l’Union africaine, s’est présenté à Emmanuel Macron, non sans voir une similitude entre son élection revendiquée, il y a plus de huit mois au Gabon, et celle de l’ancien ministre français de l’Economie, dont le mouvement politique ne représente aucun des clivages traditionnels. Pour Jean Ping, le peuple français, comme celui du Gabon, «a décidé de rompre avec l’ordre ancien et d’ouvrir avec enthousiasme et fierté une nouvelle page de son histoire politique».

Et si, en avril dernier sur RFI, le candidat Macron avait émis des doutes au sujet de la réélection d’Ali Bongo, dans sa lettre de félicitation, Jean Ping a formulé le vœu d’«un affermissement des liens entre (le Gabon et la France) dans l’intérêt bien compris de (leurs) deux peuples respectifs». L’opposant dit compter, entre autres, sur le «profond attachement à la démocratie» du jeune président français, dont il a également dit partager les positions et les réactions au sujet de l’Afrique et des rapports que le continent entretient avec la France, notamment. Du côté de l’opposition dite radicale, l’on s’attend déjà à ce que l’Elysée soutienne le combat de «la Nouvelle République gabonaise» que Jean Ping assure être appelé à conduire, «grâce à la légitimité incontestable que le peuple gabonais (lui) a accordée au soir du 27 août 2016». Ça reste à voir.