Depuis quelques jours, le monde ne cesse de s’indigner face un phénomène mis à nu par des journalistes de la chaine américaine CNN : la vente aux enchères des migrants d’Afrique subsaharienne, en Lybie, en transit pour l’Europe.

De jeunes africains victimes de leurs désirs d’ailleurs, vendus comme esclaves en Lybie. © D.R.

 

Venus de l’Afrique subsaharien, pour la plus part, et en partance pour l’Europe, des migrants en quête d’un avenir meilleur sont désormais des marchandises vendues sur des marchés d’esclaves en Lybie. La boule puante a éclaté avec une vidéo envoyée à CNN et qui a dépêché un journaliste sur le terrain pour vérification.

Sur cette vidéo de mauvaise qualité, tournée à la sortie de la ville de Tripoli, on entend «400… 700… 800… ». Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que d’une vente aux enchères des migrants bloqués en Lybie pendant leur traversée pour l’Europe. Des Nigériens, des Nigérians, des Ghanéens,… forment le gros lot de ce contingent dont on perçoit sur les visages, incompréhension et frayeur.

Au terme de cette vente, en neuf minutes, 12 vies ont été marchandées et vendues en Dinars libyens. Ces hommes sont ainsi destinés à travailler dans les fermes. De l’esclavage assurément !

Depuis que la Lybie coopère avec l’Europe pour le contrôle des migrations clandestines, les passeurs se sont reconvertis en trafiquants d’êtres humains. Des jeunes gens bloqués dans ce pays sans véritable gouvernement, sont maltraités et désormais monnayés et vendus sans pitié.

20.000, c’est le nombre de migrants bloqués qu’il y aurait actuellement en Lybie. Face à l’ampleur du phénomène qui risque de révéler l’autre visage de la communauté internationale qui reste impassible, les pays africains sont muets. Vautrés dans leurs palais, les présidents africains ferment les yeux sur une tragédie qui se déroule sous leurs fenêtres.

Dépité, l’animateur de Radio France internationale (RFI), Claudy Siar, a crié sa colère et son indignation dans un post diffusé sur les réseaux sociaux. «On est en train de vendre, en Lybie, nos jeunes parce qu’ils ne pouvaient plus supporter le manque de vision d’avenir dans leur pays», a-t-il dénoncé, avant de se demander comment il est possible que les Etats africains ferment les yeux sur cette ignominie.

«On les enferme dans les cages et on les vend au plus offrant. Ça ne vous fait rien ?», a-t-il interrogé, s’adressant particulièrement à l’élite, notamment les dirigeants, les intellectuels, les journalistes africains demeurés passifs face à ce drame. Claudy Siar s’est également attaqué «aux footballeurs africains, qui ont les moyens, et qui ne disent rien».

Si ce dernier tient les dirigeants africains pour responsables de cette situation, il leur demande de bouger : «Levez-vous et faites quelque chose !», a-t-il martelé. Si la situation persiste sans que les dirigeants africains ne sortent ces africains de la Lybie ; de grâce, qu’ils cessent de parler au nom de l’Afrique.