Le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Désiré Lassegué, ferait depuis quelques mois un abus d’autorité au quartier Bel-Air, dans le deuxième arrondissement de Libreville où il serait en train d’exproprier son voisin de sa parcelle de terrain.

Les photos du terrain querellé dans le 2e arrondissement de Libreville. © D.R.

 

L’histoire se passe de commentaires à Bel Air où Désiré Lasségué aurait acquis depuis 2010 une parcelle de terrain d’environ 500m2. Ayant entrepris de bâtir sur cet espace, l’actuel patron de la CNSS s’est rendu compte que son terrain était petit et ne pouvait pas contenir les divers bâtiments qu’il voulait dresser à cet endroit. Si au début, il a utilisé des relations de bon voisinage pour bénéficier des cessions de certains lopins de terre par leur propriétaire lui permettant de réaliser ses projets, aujourd’hui, il semble user de sa position de haut commis de l’Etat pour exproprier définitivement ses bienfaiteurs. C’est du moins ce qui ressort d’une plainte de l’un de ses jeunes voisins qui s’est retrouvé avec son portail scellé par sieur Lasségué, le 2 janvier dernier.

Les photos du terrain © D.R.

Selon les témoins et les explications de ce voisin, le terrain discuté par Désiré Lasségué a été acquis en mars 2008 par Stéphane Fotso. Celui-ci explique qu’il dispose de l’attestation de cession faisant foi. D’une superficie initiale de 1342 m2, la parcelle se dressait sur une colline qu’il a fallu terrasser. M. Fotso explique qu’il a toujours eu des relations de bon voisinage avec son entourage, de même qu’il s’est employé à entretenir sa parcelle de terrain en y érigeant des poteaux en matériaux durables pour sa délimitation.

En 2011, date à laquelle le directeur général a entamé la construction de ses logements, il constate que le terrain est étroit. «Il s’est rapproché de moi me demandant de l’espace pour construire la cuisine de sa femme et de mes «neveux»», a raconté M. Fotso. «Nous en avons discuté un moment et vue la relation de voisinage que nous entretenions, j’ai cédé gracieusement une surface d’un peu plus de 100m2 afin qu’il termine sa construction. Ce qui m’avait le plus motivé est que je savais que sa femme était enceinte et je voulais lui faire plaisir», a poursuivi le jeune homme qui ne se doutait pas alors que sa bonté le perdrait.

A ce niveau, tout allait bien puisque, selon nos sources, sieur Lassegué a terminé son chantier. Mais les choses se seraient détériorées lorsque Stéphane Fotso est tombé malade et s’est rendu à l’étranger pour se faire soigner. A son retour, a-t-il déclaré, «j’ai constaté que mon voisin, M. Désiré Lassegué a fait main basse sur mon terrain en érigeant une seconde barrière pour le diviser en deux quelques temps après sa nomination à la CNSS». Devant la gravité des faits, M. Fotso explique qu’il a tout fait pour régler le problème à l’amiable. Mais l’actuel directeur général de la CNSS, s’appuyant certainement sur sa bonne naissance provinciale et sur sa position au sein de la haute administration, aurait apposé une fin de non-recevoir.

Pis, il se raconte que, devant témoins, il aurait proféré des menaces à l’endroit de sieur Fotso, lui demandant d’«aller se plaindre où il veut», tout en lui indiquant qu’il gagnerait le litige quel que soit l’endroit où il l’entrainerait. Face à ce langage, Stéphane Fotso a entrepris la construction d’une barrière pour sécuriser sa parcelle en débutant l’édification d’un logis pour sa petite famille. Après la pose d’un portail en février 2016, le lot est resté fermé jusqu’à ce que le 2 janvier 2017, les voisins l’appellent vers 8 heures du matin et lui annoncent la destruction de son portail. Sur les lieux, il constatera en effet que son portail est ouvert et qu’on y avait déversé du matériel de construction. «Je me suis renseigné et on m’a expliqué que M. Lasségué était le responsable de la violation de ma propriété », a déclaré M Fotso qui ajoute que M. Lasségue lui a répondu que le terrain lui appartenait et que c’était sa propriété. Pour lui prouver qu’il était tout ce qu’il y avait de sérieux, il a fait sceller le portail empêchant «le vrai propriétaire» d’y entrer.

Ahuri et touché par la brutalité avec laquelle le directeur général de la CNSS lui enlève les efforts de toute une vie, Stéphane Fotso ne sait plus à quel Saint se vouer. «De 1342m2 de superficie initiale en 2008, les 2/3 se trouvent aujourd’hui être l’objet de litiges. Comment peut-on comprendre ça quand sait qu’il s’agit d’un haut cadre de l’Etat censé connaître la loi?», se lamentait ce jeune propriétaire exproprié.

En attendant de faire toute la lumière sur cette affaire, on peut inéluctablement se demander ce qui a poussé le directeur général de la CNSS à se comporter de la sorte. Quoiqu’il en soit, vivement qu’il accepte de donner sa version des faits dans cette affaire qui n’honore pas sa personne et tend à perpétuer la logique de la loi du plus fort dans ce pays déjà en proie à d’énormes injustices.