Initialement prévu autour des 3 000 milliards de francs CFA, le budget du Gabon pour le compte de l’exercice 2015 a finalement été arrêté à 2 651,2 milliards, soit une baisse de 422,1 milliards par rapport aux prévisions.

© D.R.

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En sa session du 10 avril dernier, le conseil des ministres a adopté un projet de loi de finances rectificative, exercice 2015. Ainsi, les prévisions révisées affichent-elles un budget équilibré en ressources et en charges à 2 651,2 milliards de francs contre 3 073,3 milliards initialement, soit une baisse de 422,1 milliards. Aussi, les charges arrêtées préalablement à 2 331,1 milliards de francs, connaissent une régression de 11,3% par rapport au niveau initial. «Elles sont composées des charges financières de la dette, des dépenses de fonctionnement, des dépenses d’investissement et des autres dépenses», souligne le communiqué final du conseil des ministres. Dans le même sens, les charges financières de la dette, prévues à hauteur de 141,2 milliards dans le budget initial, sont réajustées à 125,4 milliards, soit une baisse de 15,7 milliards due à la fluctuation favorable des taux d’intérêt.

Aussi, les dépenses de fonctionnement, comprenant les dépenses de personnel, des biens et services et les dépenses de transfert, sont estimées à 1 334,4 milliards de francs, enregistrant une baisse de 201,7 milliards par rapport au niveau affiché dans la loi de finances initiale. Dans le même sens, les dépenses d’investissement se caractérisent par une baisse de 47,1 milliards de francs, se situant désormais à 596,7 milliards de francs dont 278,2 milliards au titre des projets bénéficiant de financements extérieurs. Selon le gouvernement, les dépenses d’investissement serviront principalement au renforcement des infrastructures de transport ainsi que de l’alimentation en eau et en électricité de la ville de Libreville et des communes périphériques. A ces chantiers s’ajoutent l’économie sociale et solidaire à travers le développement des activités génératrices de revenus et, dans une moindre mesure, le renforcement des systèmes social, éducatif et de santé.

Pour le ministre du Budget, cette nouvelle mouture a été élaborée dans «un contexte marqué par un repli des ressources résultant principalement de la baisse des recettes pétrolières nonobstant la bonne tenue du dollar». L’on se souvient encore du tableau sombre dressé par Fitch Ratings, qui avait attribué au Gabon, la note souveraine de BB- et dressé, par la même occasion, une «perspective négative» pour le pays. En dépit des dénégations du gouvernement, les prévisions de cette agence de notation s’avèrent donc justes. Cette dernière prévoyait notamment que la baisse des prix du pétrole et de la production pourraient continuer en 2015 et peser sur l’économie nationale.

Qu’à cela ne tienne, le projet de loi de finances 2015 révisé réaffirme le passage à la budgétisation par objectifs de programme (BOP). Les missions, au nombre de 29, sont donc restées les mêmes, tout comme les programmes, au nombre de 109. Cependant, conclut le ministre du Budget, «le nombre d’opérateurs baisserait à la faveur des fusions de l’Agence nationale des grands travaux (ANGT) et du Fonds routier (FR) d’une part, et de l’Agence pour la promotion des investissements et des exportations (Apiex), du Centre de développement des entreprises (CDE) et de Promo Gabon, d’autre part».