Quatre ans après l’acquisition-réservation des logements sociaux de Bikélé, dont la réalisation est assurée par la Société nationale des logements sociaux (SNLS), les clients ne sont toujours pas entrés en possession de leurs biens. Avec Gabonreview, le président du collectif des acquéreurs-réservataires de ces logements revient sur les contours de cette épineuse affaire.

Klaus Oleri, président du collectif des acquéreurs-réservataires des logements sociaux de Bikélé, le 15 septembre 2018 à Libreville. © Gabonreview

Gabonreview : Quel est le point de la situation ?

Klaus Oleri : En 2014, l’Etat a construit des maisons sur le site de Bikélé et nous avons sollicité l’acquisition de celles-ci. Certains ont choisi la location-vente et d’autres, la vente directe. Et depuis quatre ans, nous attendons. Ceux qui ont choisi la location-vente ont fait des apports, avec un minimum exigé d’un million de francs CFA. Ceux qui ont préféré la vente directe ont payé des maisons cash. Dans ce lot, certains ont contracté des emprunts auprès des banques. Du coup, ces derniers aujourd’hui supportent deux charges : le paiement de leurs loyers et le remboursement des crédits. Nous sommes dans cette situation depuis quatre ans. En mars 2018, nous avons créé le collectif pour interpeler les gouvernants pour qu’il regarde de plus près notre situation. Car, lorsque nous signions les contrats de réservation ou d’achat, il y a quatre ans, les maisons devaient être livrées six mois plus tard. Or, il n’y a toujours rien à ce jour. A un moment donné, nous disons qu’il faut que ça s’arrête.

Des propositions ont-elles été faites au gouvernement ?

Oui, nous en avons fait deux. La première proposition a été de demander à la SNLS de nous remettre les maisons en l’état, certaines étant achevées à plus de 90%. Nous nous engagions à rembourser les coûts des travaux à ce niveau de réalisation, et achever les maisons à nos frais. Ce qu’a refusé la SNLS, qui nous a assuré qu’elle chercherait des partenaires pour terminer les maisons. Nous étions là au mois de mars. Aujourd’hui, nous sommes en septembre et toujours rien. Ceci est d’autant plus surprenant qu’en avril 2018, le patron de la SNLS avait promis terminer les maisons en décembre de la même année ; avec les premières livraisons en août 2018. Nous sommes allés vérifier sur le site et rien n’a été fait.

La seconde solution reposait sur la carence de fonds de la SNLS, dont le patron nous a brandit le fait que sa structure n’a pas de subvention de l’Etat. Ce à quoi nous lui avons répondu que plusieurs acquéreurs-réservataires sont prêts à mettre de l’argent sur la table pour achever leurs logements ; le tout avec certaines garanties. Car, au début de l’aventure des logements de Bikélé, les clients ont sorti de l’argent qui a été déposé dans un compte séquestre d’une banque de la place. A quoi a servi cet argent ? Nous n’en savons rien.

Comment sortir de ce casse-tête ?

Jusqu’à présent, le collectif se veut responsable. Nous sommes toujours restés légalistes dans notre démarche. Les autorités ont été saisies, nous avons adressé des correspondances à la tutelle, à la Primature et même à la Présidence. Mais ce silence total ! Nous ne savons pas ce qui se passe. Il y a quatre mois, nous avons eu une séance de travail avec le ministre de l’Habitat, qui nous a demandé de travailler avec la SNLS et lui faire le point. Nous avons introduit une demande d’audience avec le ministre Menga il y a une semaine, elle est restée sans suite jusqu’ici. Nos actions c’est simplement de revendiquer nos biens : nous voulons nos maisons.