Alors que la reprise des travaux a été plusieurs fois annoncée jusqu’en février dernier, les clients ayant réservé et acheté leurs appartements à Bikélé attendent depuis trois ans. Ils demandent à achever eux-mêmes le chantier que la Société nationale du logement social (SNLS) semble avoir du mal à livrer.

La SNLS peine à achever le chantier des logements sociaux de Bikélé. Les acquéreurs veulent le faire à sa place. © D.R.

 

Les acquéreurs et réservataires sur le chantier de Bikélé. © Gabonreview

Trois ans qu’ils attendent d’intégrer leurs nouveaux domiciles. Les personnes ayant réservé et acheté des logements sociaux à Bikélé n’en peuvent plus. Récemment, ils se sont rendus sur le chantier pour constater l’arrêt des travaux depuis plusieurs mois. Ils demandent à la SNLS de prendre ses responsabilités au risque de se charger eux-mêmes de l’achèvement dudit chantier, dont la livraison a été plus d’une fois annoncée. Au regard des anomalies constatées dans la construction de certains logements, le collectif des réservataires et acquéreurs demande également que soient réévalués les appartements.

«Nous faisons la proposition (que la SNLS) nous vende ces maisons en l’état, tout en les réévaluant, parce que nous constatons que les montants qui ont été donnés pour acquérir ces biens ont été surévalués. Nous-mêmes nous allons terminer les travaux», a déclaré Claus Oleri, porte-parole du collectif. Excédés par trois années d’attente, les membres dudit collectif envisagent de saisir prochainement la SNLS ainsi que ses prestataires pour y voir clair. Ils disent avoir le sentiment de s’être fait abuser.

Pour l’acquisition d’un logement social à Bikélé, il fallait prévoir 30 millions de francs pour la location-vente et 26 millions pour la vente directe.

En février dernier, rendu sur le chantier, Joël Patient Tchoreret Mbiamany, le nouveau directeur général de la SNLS, avait lui-même constaté de nombreuses irrégularités. Au cours d’une réunion avec les prestataires, il avait annoncé la renégociation des contrats. Si le patron de la SNLS n’avait pas caché le décaissement de plus de 21 milliards de francs, il n’avait pas non plus caché l’ambition de la société de relancer les travaux. Depuis, la nature continue de reprendre ses droits sur le chantier et les vols de matériel dans certains logements de se poursuivent.