Alors que sa candidature était attendue dans le cadre des prochaines élections municipales, le maire d’Oyem a annoncé le 28 août qu’il ne participera pas à ce rendez-vous.


Le maire d’Oyem, Vincent Essono Mengue, le 28 août 2018. © Facebook

 

Vincent Essono Mengue ne sera pas candidat à l’élection locale d’octobre prochain à Oyem. Au cours d’une déclaration, le 28 août à Oyem, le maire sortant a renoncé à briguer un nouveau mandat. «Je ne suis pas candidat et je ne soutiendrai aucune candidature», a déclaré Vincent Essono Mengue.

Une décision motivée par le respect de ses idéaux et de droits humains. «Notre statut d’homme politique ne saurait nous éloigner de nos convictions et de l’idéal bâti autour des notions d’éthique de bonne gouvernance, du respect de droits de l’homme», a affirmé le maire d’Oyem. Des droits humains dont Vincent Essono Mengue regrette «la violation» lors de l’élection présidentielle de 2016, notamment.

«Au soir du 27août les résultats des urnes se sont majoritairement portés en faveur de Jean Ping. Malheureusement, et une fois encore, une fois et une fois de plus, le peuple gabonais s’est fait confisquer sa souveraineté (…) Pour avoir revendiqué les résultats sortis des urnes, les Gabonais ont été massacrés par des armes de guerre lors du bombardement du QG de Jean Ping situé aux charbonnages», a-t-il déploré.

Face à cet amer constat, le maire d’Oyem s’est interrogé sur la nécessité d’une élection. «Pourquoi organiser les élections au Gabon, si on ne peut pas respecter la souveraineté du peuple ?», a-t-il demandé. Pour Vincent Essono Mengue, il paraît évident que «le Gabon n’est plus capable de se renouveler à travers des générations capables de remplacer les ainés (…) On sacrifie les jeunes et l’avenir on sacrifie tout un pays».

Aussi, a-t-il ajouté, «dans un tel pays, à quoi sert une élection locale si comme les populations elles- mêmes, les représentants du peuple souverain ne peuvent pas jouer leur rôle qui est celui de consistant à voter les lois».

Vincent Essono Mengue est très adulé à Oyem pour ses actions à la tête de la mairie d’Oyem, mais également pour son franc-parler. Il est d’ailleurs connu pour son opposition farouche au régime d’Ali Bongo.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga