Connu comme un des nombreux conseillers occultes des responsables politiques français depuis des années, l’avocat d’affaires franco-sénégalais est soupçonné d’avoir réglé les costumes Arnys de François Fillon.

Robert Bourgi aurait réglé 13 000 euro cash pour les costumes de son «ami» François Fillon. © AFP

 

Dernier pilier de la «Françafrique», Robert Bourgi se cacherait derrière les costumes de luxe offerts récemment à François Fillon, le candidat du parti Les Républicains (LR) à la présidentielle d’avril 2017. Le journal Le Monde a révélé vendredi 17 mars, que celui qui se présente comme le «fils» d’Omar Bongo est bel et bien «celui qui avait offert deux costumes de chez Arnys, un tailleur parisien, pour 13 000 euros» à l’ancien Premier ministre. «Les enquêteurs disposent désormais des documents attestant que c’est bien lui qui a commandé le 7 décembre 2016, neuf jours après la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, puis réglé le 20 février, (ses) vêtements sur mesure».

Or, le 16 mars, le journal Marianne a révélé que l’enquête des juges d’instruction sur des soupçons de trafic d’influence contre François Fillon avait été élargie à l’offre de ces costumes de luxe. Il s’agira de comprendre si les cadeaux de l’avocat d’affaires franco-sénégalais ont été faits à titre exclusivement privé ou s’ils peuvent être en lien avec le mandat du député LR de la 2ème circonscription de Paris. De deux choses l’une, ces cadeaux à 13 000 euros cash recèlent une odeur de lobbying. L’on pourrait, en effet, penser que l’avocat d’affaires, ancien conseiller occulte pour l’Afrique de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy tente d’obtenir une place de choix aux côtés de Fillon en cas de victoire à la présidentielle. En froid avec certains dignitaires africains depuis quelques années, Robert Bourgi tenterait-il de retrouver ses entrées à l’Elysée pour enfin renouer avec son rôle d’interface entre les présidents africains et les autorités françaises ? François Fillon à l’Elysée, ce serait, en effet, une belle revanche pour Robert Bourgi, qui pourrait de nouveau tisser ses liens avec la présidence de la République gabonaise, par exemple. La relation de Robert Bourgi et Ali Bongo s’est gravement détériorée depuis que le fils d’Omar Bongo a succédé à son père à la tête du Gabon. L’avocat s’est vu écarté sans ménagement par le palais du bord de mer. Et il l’a mauvaise.

Pour l’heure, si l’avocat franco-sénégalais n’est pas personnellement inquiété par la justice, son «ami» Fillon, lui, reste soupçonné de détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d’abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Au Gabon, et précisément dans l’entourage d’Ali Bongo, on n’est pas peu content de voir apparaître le nom de Bourgi dans cette affaire.