La stricte application du règlement intérieur au sein de l’établissement d’enseignement secondaire de Port-Gentil, est au cœur d’un conflit entre le proviseur et les élèves.

Les cours ont été perturbés au sein de l’établissement, suite à l’application stricte du règlement intérieur par le proviseur, le 18 avril dernier à Port-Gentil. © rfi.fr

 

Récemment affecté au Lycée Joseph Ambourouet Avaro (LJAA) de Port-Gentil, le nouveau proviseur de l’établissement d’enseignement secondaire est contesté par une bonne frange des élèves. Ces derniers contestent l’application du règlement intérieur du lycée par Pierre Onanga. Selon le proviseur de LJAA, le règlement intérieur exige notamment «aux filles des tresses d’un style particulier et des chaussures de sport».

Pour Pierre Onanga, relayé par l’hebdomadaire Moutouki, l’établissement serait devenu «une pétaudière», au sein de laquelle il essaie simplement de ramener de l’ordre. La ligne de conduite imposée par le proviseur a atteint son paroxysme le 18 avril dernier, lorsqu’il interdit l’accès à l’établissement à plusieurs élèves.

«Le règlement intérieur interdit simplement les rajouts en ce qui concerne les tresses. Mais le proviseur a renvoyé les élèves qui n’ont ni laine ni mèche sur la tête», a expliqué une élève. «Nous trouvons qu’il fait dans l’abus d’autorité», a-t-elle ajouté. Selon les élèves, il leur est également été exigé de se munir obligatoirement d’un sac à dos, en plus du port d’une paire de chaussure de sport, basket ou tennis.

«Nous sommes quasiment à la fin de l’année. Il est bien aberrant de demander maintenant à un élève de changer un sac qu’il utilise depuis le début de l’année», a déploré un parent d’élève. «Où doit-on trouver de l’argent pour cette dépense imprévue en ce temps de vaches maigres ?», a-t-il demandé.

«Certaines règles sont bien inutiles car elles n’ont aucune influence sur le travail des enfants. Une paire de basquet ou de tennis coûte bien plus cher que des espadrilles ou des mocassins. Par les temps qui courent, le proviseur devrait être moins pointilleux sur ce détail, ce d’autant que la situation économique est bien difficile en ce moment», a commenté un autre parent d’élève.

Il est évident que le nouveau proviseur veut imprimer aux apprenants sa vision des choses. Une ambition se heurtant malheureusement aux vieilles habitudes, ayant la peau dure. Réussira-t-il son pari ? Rien n’est moins sûr.

Dans tous les cas, l’association des parents d’élèves a promis mettre du sien pour arbitrer le conflit entre Pierre Onanga et les élèves de LJAA.

Auteur : Carlyne Mamboundou