«Ce prix est inattendu. Mais il honore le pays. Quand je dis le pays, c’est mon pays», a déclaré Honorine Ngou, lauréate, ce 19 mars à la clôture du Salon du livre de Paris, d’une toute nouvelle récompense littéraire panafricaine.

De gauche à droite : Maurice Kouakou Bandaman, le ministre Ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Honorine Ngou, Venance Konan et Falvien Enongoué, l’ambassadeur, Haut Représentant de la République Gabonaise en France et à OIF, le 18 mars 2018 à Paris. © Gabonreview

 

À la fermeture de l’édition 2018 du Livre Paris, nom officiel du Salon du livre de la ville éponyme, le pavillon des Lettres Africaines a été le théâtre d’un événement inattendu : le décernement d’une distinction jusque-là inexistante. Ainsi, en présence de nombreux visiteurs du salon, du ministre Ivoirien de la Culture et de la Francophonie, de l’ambassadeur, Haut Représentant de la République Gabonaise en France et Représentant permanent du Gabon auprès de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), de la délégation venue du Gabon et de nombreux membres de la communauté africaine de France, Honorine Ngou a reçu le Prix de la presse panafricaine.

Honorine Ngou, le 18 mars 2018 au Livre Paris. © Gabonreview

Enseignante à la faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Omar Bongo à Libreville, auteure d’une dizaine d’ouvrages, bibliothécaire, animatrice active de la scène intellectuelle de son pays, la Gabonaise a été récompensée pour l’ensemble de son œuvre. «Ce prix est inattendu. Mais il honore le pays. Quand je dis le pays, c’est mon pays. C’est la première fois que le Gabon participe au Salon du livre de Paris et le fait d’avoir ce prix est une manière de dire au Gabon continuez. Donc, c’est tout à mon honneur, c’est tout aussi à l’honneur du Gabon», a déclaré la lauréate.

Auteur d’un essai au titre aussi kilométrique qu’étonnant, «Si le noir n’est pas capable de se tenir debout, laissez-le tomber. Tout ce que je vous demande c’est de ne pas l’empêcher de se tenir debout» paru au début de ce mois de mars chez Michel Lafon, l’Ivoirien Venance Konan est le deuxième lauréat de ce prix. L’homme n’a pas caché sa stupéfaction : «C’est d’abord une surprise parce que je ne m’y attendais pas du tout. C’est également une fierté et je dédie ce prix à toute l’Afrique afin qu’elle se tienne debout. Je reçois ce prix avec la même humilité que chacun des autres prix reçus. (l’écrivain est détenteur du Prix Rabelais et du Grand prix littéraire d’Afrique noire, attribué chaque année par l’Association des écrivains de langue française, l’ADELF – ndlr). Cette distinction accroît ma responsabilité. Je suis heureux de le recevoir devant mon ministre et ami Maurice Bandaman et espère que notre Afrique va changer». Venance Konan est un journaliste critique, blogueur et écrivain Ivoirien. Récompensé au titre de cette profession par le prestigieux Prix Ebony, il est l’auteur de nombreux livres dont «Les prisonniers de la haine», «Robert et les Catapila», «Nègreries», «Dans la tête de Sarkozy».

Le Prix de la presse panafricaine vient d’être créé par un groupe de journalistes emmenés par Louis Keumayou, journaliste camerounais exerçant en France ayant été tour à tour correspondant des quotidiens camerounais Le Messager et Mutations, de Radio Vatican et de BBC Afrique. La nouvelle récompense a été mise en place en vue de combler un vide : «il y a le Prix Goncourt, il y a le Prix Kourouma. Ces prix sont tous de l’extérieur. Jamais il n’y a eu un prix imaginé par nous-mêmes africains (…) Pour la première session, d’une façon symbolique, parce que vous voyez bien qu’il n’y a pas d’argent, même pas un diplôme. Ça c’est la première, on en fera d’autres. La prochaine édition sera dotée quand même d’un peu d’argent, en CFA peut-être, peut-être 1000 francs CFA, peut-être un million de francs CFA. On verra», a annoncé l’un des membres du jury.