Une entreprise de promotion du tourisme écologique rappelle la vérité : elle est le véritable perdant dans le litige opposant Gabon Environnement à l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) au sujet d’investissements effectués dans le parc national de Pongara. 

Un aperçu de Wingombé village du temps de sa magnificence. © static.thousandwonders.net

Un aperçu de Wingombé village du temps de sa magnificence. © static.thousandwonders.net

 

Le conflit entre l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et Gabon Environnement concerne également d’autres entités. C’est du moins l’affirmation du responsable de Gabon découverte, qui soutient être le grand perdant dans cette affaire. Une thèse confirmée par l’historique du litige et les nombreux articles de presse dont Gabonreview, il y a bientôt six ans  

Julien Roumet, en 2011. © D.R.

Julien Roumet, en 2011. © D.R.

Julien Roumet, héritier du fondateur du village touristique de Wigombé dont il était le patron avant de s’en faire littéralement expulser par l’actuel dirigeant de l’ANPN, rappelle qu’en 2010, Gabon Environnement avait reconnu à Gabon découverte la propriété des sites Wingombé Village et Kinguéré Océan. «Nous avons tenté un arbitrage puis avons dû saisir les tribunaux, mais ces derniers ont constamment reculé. Dans ces différentes procédures, Gabon Environnement s’était rangé du côté de l’ANPN et aucun avocat ne les représentait», a-t-il expliqué. «Nous n’avons jamais exclu la réalité d’investissement d’autres bailleurs de fonds qui par ailleurs concerne moins du 10% du site écotouristique. Nous n’avons jamais nié le nom des bailleurs, puisqu’ils sont cités dans nos mémoires remis à l’ANPN lors de l’arbitrage et aux services juridiques des différentes procédures en cours», a-t-il poursuivi.

A en croire ses dires, Gabon découverte est le véritable propriétaire des sites. «Nous avons même du abandonner un nouveau bâtiment (en cours de finition) de plus de 500 m2 suite à l’expulsion illégale et arbitraire que nous avons subie de la part du secrétaire exécutif (Lee White) au nom de l’ANPN», a-t-il souligné, rappelant que Gabon Découverte était encore en phase de structuration et que tous les investissements provenaient de partenariats noués par ses soins. «Le site, à l’époque des faits, ne s’autofinançait pas. Gabon Environnement fait fi de tous les financements de fonctionnement, salaires et autres frais de vie que Gabon Découverte a pris en charge afin que Gabon Environnement puisse vivre et ce même avant l’ouverture commerciale de Wingonbé Village», a lancé Julien Roumet.

Le responsable de Gabon découverte dit être toujours devant les tribunaux. «Vu les difficultés que nous rencontrons sur le territoire gabonais, nos avocats planchent notamment sur un déplacement de la procédure au-delà des frontières», a-t-il confié. «Certains de nos partenaires étant à l’étranger, nous attendons la recevabilité dans un tribunal extérieur. Paris est compliqué, on attend. Abidjan est envisageable mais Washington semble plus ouvert dans le cadre du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi)», a-t-il précisé, annonçant que Gabon Découverte et ses partenaires financiers étudient actuellement la budgétisation des procédures, «certes coûteuses mais indispensables».

En 2004, Dominique Roumet, père de Julien, avait fondé Gabon environnement. Anicet Bongo Ondimba fut placé à la tête de cette ONG. En 2005, ils décidèrent de créer une entreprise de promotion du tourisme écologique dénommée Gabon découverte dont le capital était détenu par Dominique Roumet à hauteur de 66% et Anicet Bongo à concurrence des 34% restants. Des investissements furent alors réalisés pour la création de Wingombé village. Après le décès de Dominique Roumet, son fils fut confronté aux tentatives de spoliation. L’affaire, confiée au tribunal de première instance de Libreville, avait débouché, en décembre 2011, sur la condamnation de l’ANPN dont l’acte d’expulsion fut jugé illégal. Depuis, rien n’a bougé, l’ANPN ayant décidé de faire main basse sur le site litigieux.