Pour avoir barricadé l’accès au site de travail d’un opérateur économique acquéreur de parcelles, alors qu’elle lui réclamait des montants à la valeur des espaces mis en vente, une dizaine de personnes a été arrêtée et leurs familles réclament leur libération immédiate.

Les familles dénoncent des arrestations arbitraires. © Gabonreview

 

Huit personnes dont une femme âgée sont gardées à la Brigade anti criminelle (Bac) de Libreville, dans le cadre d’un litige foncier opposant leurs familles à un opérateur économique, acquéreur d’une superficie de 2500 hectares dans la zone d’Okolassi à Ntoum. Interpellés en deux vagues, d’abord le samedi 30 juillet dernier, puis le mardi 1er août, des jeunes pour la plupart seraient accusés de séquestration de personne âgée.

Les familles des personnes interpellées qui n’entendent pas assister passivement à ce qu’elles qualifient «d’injustice», ont choisi de faire le pied de grue à proximité de la Bac. «Nous voulons que nos frères et notre maman soient libérés», a pesté un parent qui ne comprend toujours pas pourquoi c’est la Bac de Libreville qui s’est saisie de cette affaire, alors que celle de Ntoum, au courant du litige, n’a pas été appelée.

Approchée, la Bac qui s’est gardée de livrer des informations sur le dossier, a simplement promis nous recontacter. Et pas de nouvelles jusqu’au moment où nous mettions sous presse.

Selon la version des familles, Henry Olympio, un opérateur économique serait rentré en contact avec les clans Essissis et Essame Tong pour l’acquisition d’une parcelle ancestrale d’environ 2500 ha. La superficie recouverte de plantations était donc morcelée et la valeur de chacun des lots évaluée diversement. Mis à contribution, deux agents du ministère de l’Agriculture vont apporter leur expertise pour déterminer les prix des plantations de manioc, de banane, etc.

Alors que l’acquéreur avait commencé à régler la facture de certaines parcelles, avec des montants que tous les vendeurs ou presque dénonçaient, différents de l’évaluation faite par les experts de l’Agriculture, les familles découvrent une liste des personnes ayant signé, contenant également les noms et signatures falsifiées de ceux qui n’avaient pas accepté les modalités de vente imposées par l’acheteur.

Mécontents de cette façon de faire, les vendeurs vont saisir les autorités locales : maire, préfet et le commandant de brigade. Deux années sont passées sans qu’une intervention notable n’ait été enregistrée de leur part. Après avoir tout de même souhaité une énième tentative de compromis, sous la médiation de l’autorité municipale, Olympio qui se serait montré suffisant en n’honorant pas les heures de deux rendez-vous pour en discuter, a provoqué l’ire des jeunes des familles qui ont décidé de barrer l’accès menant à son site. Ils l’auraient rouvert plus tard dans la journée.

Une semaine après, Olympio aurait de son plein gré décidé de barrer avec un engin la route privée lui donnant accès à son site. Une deuxième raison pour ces jeunes pour aller bloquer singulièrement l’accès à son site, qu’ils ont rouvert près d’une heure plus tard grâce à l’intervention du Commandant de brigade.

Après ce bras de fer qui remontait à plus de deux semaines, Olympio aurait préconisé samedi 30 juillet une rencontre avec ces jeunes à l’hôtel Santa Barabara de Ntoum, samedi 30 juillet, pour discuter de la situation. Un piège bien tendu, car la Bac qui faisait le guet, a vite mis la main sur eux. Mardi 1er août, elle a de nouveau procédé à des arrestations.

Auteur : Alain Mouanda