Les jeunes de l’opposition sont lancés dans un marathon de mobilisation, avec l’ambition de faire chuter le régime d’Ali Bongo.

Les jeunes de l’opposition déterminés à faire chuter le pouvoir d’Ali Bongo, ce samedi 11 février à Libreville.© Gabonreview

 

En initiant les ‘’Samedis de la résistance’’ depuis deux semaines, la jeunesse soutenant l’alternance au Gabon entretient la mobilisation au quartier général de Jean Ping. Chaque samedi, ils viennent nombreux entretenir la flamme de la résistance et discuter des thèmes de l’actualité politique. Rien ne semble altérer leur détermination à installer Jean Ping au pouvoir. Lui qu’ils considèrent toujours comme le président élu de la République.

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Le samedi 11 février, ils étaient près de 500 à revendiquer « le respect de l’expression souveraine du peuple ». Le déroulé de la manifestation a enregistré les interventions de Pulchérie Mateya, au nom de la société civile, Enrique Mamboundou, pour la voix du peuple et de Me Fabien Méré, acteur politique. Peu avant, le Mouvement de redressement national (Morena) de Samuel Mendou qui a tenu ce jour-là une session de son conseil politique, a réaffirmé son refus de participer au dialogue politique organisé par Ali Bongo.

Dans son intervention, Pulchérie Mateya, s’appuyant sur la Bible, a exhorté la jeunesse à se défaire des vices reprochés au camp d’en face. Après la traversée du Jourdain, le peuple de Dieu conduit par Moïse a été éprouvé pour s’armer de patience, de responsabilité et surtout avoir la crainte de Dieu, avant d’atteindre la terre promise. « Il est inconcevable que ce que nous reprochons au camp d’en face, se retrouve encore au milieu de notre jeunesse. Il y a quoi avec l’argent ? Pourquoi êtes-vous prêts à vendre des informations confidentielles de vos dirigeants, juste pour de l’argent ? », s’est-elle indignée. Enrique Mamboundou lui a emboité le pas pour réaffirmer leur engagement. « Nous ne lâcherons rien, a-t-il répété, précisant que même avec 300 personnes, nous pouvons libérer ce pays. », a-t-il déclaré.

Me Fabien Méré, pour sa part, a mis un accent particulier sur le traitement fait aux corps non identifiés dans les morgues de la Capitale. Jetés dans des fosses, dans des conditions heurtant la sensibilité humaine, ces corps sans vie devront être exhumés pour des besoins d’autopsie et d’enquêtes, a précisé l’avocat. Il a annoncé le souhait, par le camp Ping, de la mise en place de mesures conservatoires à cet effet. Pour lui, on ne pouvait pas envisager d’évacuer ces corps, surtout lorsqu’on examine le contexte qui a prévalu en 2016.

A l’endroit des jeunes, l’avocat a réaffirmé ses convictions pour l’avènement d’une alternance politique au Gabon. « Tout est en marche, tout est prêt, pour que la victoire de Jean Ping soit consacrée définitivement. Ne vous fiez pas à toutes les déclarations oiseuses que vous entendez ou suivez à la télévision, c’est le désespoir qui s’exprime », a rassuré Me Méré.

Auteur : Alain Mouanda