Secrétaire général adjoint du Conseil des ministres dès 2001, puis Secrétaire général titulaire de cette entité à partir de septembre dernier, Annie-Chrystel Limbourg Iwenga a été évincée de ce poste lors du dernier Conseil des ministres… quatre mois seulement après. Une «double peine», pourrait-on dire, après avoir été mise à l’écart de l’UFPDG, le mois dernier. À quoi rime cet éloignement de la présidence de la République ? Visiblement, la conseillère municipale du 1er arrondissement de Libreville est en difficultés.  Elle est dans la tourmente…

La camarade Annie-Chrystel Limbourg Iwenga, alors secrétaire général adjoint en charge des Femmes du PDG. © D.R.

 

Un malheur ne vient jamais seul. Annie-Chrystel Limbourg Iwenga peut méditer sur ce dicton. Alors que certains lui prédisait un bel avenir politique, la Conseillère municipale du 1er arrondissement de Libreville vient de subir deux revers : le 10 décembre 2017, à l’issue du Congrès ordinaire «avancé» du Parti démocratique gabonais (PDG), elle a été virée du poste de Secrétaire général adjoint du PDG chargée de l’Union des femmes du Parti démocratique gabonais (UFPDG). Chantal Abengdang Mebaley, ancienne ministre, a été désignée pour prendre sa succession à la tête de cette instance du parti de Louis. L’on a alors cru à une simple volonté du président du PDG de revoir de fond en comble l’appareil dirigeant de la formation politique. Si cela est vrai en partie, la mise à l’écart de la native d’Angondo (Louis) était visiblement prévue, congrès du PDG ou pas.

Mise à l’écart programmée

45 jours seulement, en effet, après cette première mise à l’écart, Annie-Chrystel Limbourg Iwenga est évincée, le 26 janvier dernier, du poste de Secrétaire général du Conseil des ministres. Elle n’y sera restée que quatre mois à partir du 13 septembre, suite à la nomination de Thérèse Chantal Akouosso, précédente titulaire du poste, aux fonctions de ministre déléguée. Après avoir été recrutée à la présidence de la République en 2000, sous Omar Bongo, elle était entrée au Secrétariat général du Conseil des ministres l’année suivante et y aura servi comme Secrétaire général adjoint pendant 16 ans avant de cumuler, à partir de septembre dernier, le poste de Secrétaire général (titulaire) du Conseil des ministres et de Conseiller spécial du président de la République, chargée de missions ! Une position qui lui permettait, depuis 17 ans, d’assister à toutes les séances du Conseil des ministres.

Jouissant de la confiance du chef de l’Etat, Annie-Chrystel Limbourg est par la suite désignée pour conduire le PDG dans la bataille des municipales 2013 dans le 1er arrondissement de Libreville. Elle sera déclarée vainqueur face à Chantal Myboto qui, elle, menait la liste Libreville pour tous dans cet arrondissement et avait contesté le résultat de cette élection. Son nom apparut alors parmi les probables personnalités devant aller la conquête de l’Hôtel de Ville de Libreville, pour le compte du PDG… avant d’être retiré. De plus, on la retrouve en première ligne lors de la campagne pour l’élection présidentielle d’août 2016 : elle est choisie comme Coordonnateur de la campagne d’Ali Bongo dans le même arrondissement. Pas de chance pour celle que certains Louisiens appellent «l’Impératrice d’Angondo», en raison de son style vestimentaire africain tout en couleurs et très apprécié, le candidat qu’elle soutient fut laminé dans les urnes.

Selon le trihebdomadaire Echos du Nord du 16 septembre 2016, la déconvenue de son candidat dans sa zone de responsabilité lui a causé quelques soucis. Son domicile avait été pris d’assaut par des militaires quelques jours après l’élection présidentielle. Motif : les ressources reçues pour la campagne électorale n’auraient pas servi pour cette cause. Vrai ou faux ? Nul ne le sait. Mais on avait cru que tout était «rentré dans l’ordre».

«Double peine» et questionnement

Même si «l’Impératrice d’Angondo» ne faisait pas partie de la garde rapprochée d’Ali Bongo à la présidence de la République, à l’instar de Brice Laccruche Alihanga ou de Cyriaque Mvouradiami (Secrétaire général adjoint de la présidence de la République et premier secrétaire général adjoint du PDG), elle semblait tout au moins, du fait de sa longévité dans un poste sensible comme celui qu’elle occupait, faire partie du troisième ou du quatrième cercle autour du président de la République. Son limogeage ne peut donc que surprendre et… susciter des questionnements. Fait-elle partie des «ennemis de l’intérieur» qu’avait dénoncés Ali Bongo lors de son discours d’ouverture du Congrès du PDG en décembre dernier ? A-t-elle abusé, d’une manière ou d’une autre, de la confiance de son «patron» ? Sinon, que signifie cet éloignement du palais présidentiel ? Annie-Chrystel Limbourg serait-elle dans la tourmente ? À la présidence de la République, on préfère évoquer la nécessaire circulation des élites dans l’administration.

En tout cas, bien qu’elle ait reçu, en lot de consolation, le poste de Secrétaire général du ministère des Transports et de la Logistique lors du même Conseil des ministres – celui du vendredi 26 janvier dernier – Annie-Chrystel Limbourg vient de subir une «double peine». Elle va devoir manger son pain blanc…