Face à l’échec des rencontres successives avec le ministre du Travail au sujet du licenciement des six employés de Total Gabon, l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) est reparti vers sa base pour décider de la conduite à tenir. Les prochaines assemblées générales du puissant syndicat pourraient bien déboucher sur une nouvelle grève dans le secteur pétrolier.

Le siège de Total Gabon à Libreville. © Gabonreview

 

La série de rencontres entamée le 19 octobre à Libreville entre le ministre du Travail, Total Gabon et l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) au sujet du licenciement de six employés de l’opérateur pétrolier, n’a débouché sur rien de concret. Au point que l’organisation syndicale a regretté le laxisme du membre du gouvernement dans ce dossier.

«En ignorant volontairement sa mission régalienne (…) le ministre du Travail a choisi de prendre parti pour Total Gabon dans sa défiance de l’Etat de droit en République gabonaise, et ce au détriment de la protection des salariés du secteur pétrolier et des activités connexes d’une part, et de la paix sociale d’autre part», a affirmé l’Onep le 24 octobre.

Cette déduction de l’Onep est fondée sur le micmac dans cet épineux dossier. Le 19 octobre à Libreville, l’Onep et Total Gabon se sont retrouvés autour de Julien Nkoghe Bekale pour traiter du licenciement des six employés de l’opérateur pétrolier. Après le différend opposant Total Gabon et ses employés représentés par l’Onep, et le déclenchement d’une grève de 15 jours, le 9 juillet, six salariés de l’opérateur pétrolier avaient été licenciés pour «faute lourde».

Ayant pris connaissance de la version des faits des deux parties lors de la première rencontre, le ministre du Travail a souhaité avoir des entretiens avec les six employés concernés. Les entretiens se sont déroulés le 20 octobre en présence des collaborateurs du ministre, les délégués du personnel de Total Gabon et les membres du bureau de l’Onep. Le membre du gouvernement a cependant souhaité une nouvelle rencontre avec les six employés concernés, mais seulement entre eux et lui.

Le nouveau rendez-vous a été confirmé le 21 octobre en matinée. Le lendemain dans l’après-midi, le ministre devait également rencontrer les membres du bureau de l’Onep. «Le 21 octobre, le ministre a reçu les six travailleurs à huis clos. En soirée, les employés sont informés que les ministres les reçoit le lendemain, le 22 octobre, en présence du directeur général de Total Gabon», a relaté le secrétaire général de l’Onep. «Dans le même temps, le bureau de l’Onep est informé que le rendez-vous du 22 octobre est reporté à une date ultérieure», a poursuivi Sylvain Mayabi Binet.

Or, «dans le but de protéger les six employés mis sous pression par Total Gabon et par l’administration», l’Onep a conditionné sa présence ou celle des délégués du personnel à toute nouvelle rencontre entre les six travailleurs avec l’administration du Travail et/ou Total Gabon. Dans le même temps, l’Onep a rappelé au ministre du Travail que «la pression exercée actuellement sur les six employés n’est pas nécessaire», car il dispose déjà de «toute la matière pour trancher cette affaire».

Si les six employés ont validé la présence de l’Onep et/ou des délégués syndicaux à cette énième rencontre avec le ministre du Travail, cela n’a pas été confirmé par Julien Nkogue Bekale ; au point que la réunion du 22 octobre n’a plus eu lieu. Du coup, la délégation de l’Onep a regagné Port-Gentil le 23 octobre.

Surprise par l’atermoiement du ministre, l’Onep a indiqué que «le temps est arrivé de faire le point de la mobilisation générale du secteur pétrolier et des activités connexes lancées le 1er octobre 2018 ; et de traduire en actes les choix qui auront été majoritairement exprimés par les assemblées générales décisionnelles, si entre temps la situation n’a pas évolué dans le sens attendu». Une nouvelle grève dans le secteur pétrolier n’est donc pas à exclure.