Le Gabon a enregistré en 2018 une baisse de -0,6 point sur son score au classement de la liberté économique établi par «The Heritage Foundation», un think tank américain basé à Washington. Avec un total de 58,0 points, le pays occupe la 109ème position mondiale parmi les 180 pays et territoires classés dans cet index.

L’économique gabonaise, «n’est pratiquement pas libre» selon l’index 2018 des économies les plus libérales de «The Heritage Foundation». © Gabonreview

 

L’économique gabonaise «n’est pratiquement pas libre» ! C’est ce qu’affirme The Heritage Foundation à travers son classement 2018 des économies les plus libérales. Avec un taux de liberté économique de 58,0, le Gabon occupe la 109ème position mondiale, et 15e sur 51 pays africains. «Son score global est supérieur à la moyenne régionale, mais inférieur à la moyenne mondiale», souligne le rapport.

Selon les données collectées entre la deuxième moitié de 2016 jusqu’au premier semestre de 2017, le pays a enregistré des faibles scores pour sept des 12 indicateurs quantitatifs regroupés en quatre grandes catégories, comparativement à l’année 2016. Il s’agit des variables ci-après : le droit de propriété (29,9), l’intégrité gouvernementale (33,4), la santé fiscale (92,3), la pression fiscale (74,3), la liberté des affaires (49,3), la liberté monétaire (81,4) et la liberté commerciale (60,9). Selon les auteurs de ce classement, la régression de chacun de ces indicateurs est dû au fait que «le pouvoir judiciaire est inefficace et non indépendant. La corruption est endémique et les fonctionnaires peuvent exiger des pots-de-vin ou se livrer à d’autres pratiques de corruption en toute impunité».

Quatre variables ont cependant connu une légère amélioration : l’efficacité judiciaire (27,8), la liberté de travail (61,7), les dépenses publiques (84,6) et la liberté d’investissement (60,9). Toutefois, cette progression reste marginale. En effet, même si «le gouvernement essaie de réduire la dépendance économique du Gabon au pétrole, de reconstituer les réserves financières érodées par la chute des cours mondiaux du pétrole et de mener des réformes structurelles majeures telles que réduire les dépenses publiques, réduire les exonérations fiscales et améliorer croissance ; les récentes augmentations de la liberté économique ont été relativement peu nombreuses. La structure réglementaire reste très bureaucratique et la règle de droit est faible», précise le rapport.

Le haut du tableau du classement 2018 est occupé par Hong Kong (1er), Singapour (2ème), la Nouvelle-Zélande (3ème), la Suisse (4ème), l’Australie (5ème), et l’Irlande (6ème). Il s’agit là des seules économies considérées comme véritablement «libres» par l’index 2018 sur la liberté économique.

S’agissant de l’Afrique subsaharienne, la plupart des 47 économies se classent dans la catégorie considérée comme «pratiquement pas libre». En outre, la moitié des économies considérées comme «répressives» dans le monde (12 sur 21) se trouvent également en Afrique subsaharienne (Niger, Soudan, Tchad, Centrafrique, Angola, Togo, Mozambique, Djibouti, Algérie, Zimbabwe, Guinée équatoriale, Congo).

Pour The Heritage Foundation, «cette situation est due essentiellement à la faiblesse de l’État de droit, à une protection insuffisante des droits de propriété, ainsi qu’au copinage et à la corruption endémique».