Depuis un moment la toile, notamment gabonaise, se passionne pour une affaire qui devra commencer à trouver son épilogue le 26 décembre 2012. Il s’agit d’une citation directe qui aurait été faite au tribunal par le chef de cabinet du président de la République, Liban Soleman, à Marc Ona Essangui, membre de la Société civile gabonaise, prix Goldman pour l’Environnement en 2009.

Marc Ona Essangui est appelé à comparaitre pour une déclaration faite sur Téléafrica - © D.R.

Marc Ona Essangui est appelé à comparaitre pour une déclaration faite sur Téléafrica – © D.R.

A ce qui semble, ces deux personnalités du pays sont désormais engagées dans une bataille judiciaire dont les motifs sont assez difficile à cerner. Les membres de la coalition gabonaise «Publiez ce que vous payez» (PCQV), ont fait une déclaration, le lundi 24 décembre à Libreville, affirmant qu’il est «reproché à Marc Ona Essangui d’avoir dit lors d’un débat télévisé tenu le 9 novembre 2012  sur le plateau de la chaîne Téléafrica lors de l’émission «ma séquence», qu’Olam appartenait à Souleymane Liban et Ali Bongo».

Liban Soleman, chef de cabinet du président de la République © D.R.

Liban Soleman, chef de cabinet du président  © D.R.

La plainte de M. Liban a été instruite pour obtenir de la justice qu’elle condamne ces accusations qui font état d’une éventuelle collusion d’intérêts entre lui-même et cette société privée Singapourienne, Olam.

Pour les membres de PCQV, il s’agit d’une «accusation fabriquée de toutes pièces» par le chef de cabinet du président de la République.

Ce qui est certain, c’est que cette affaire déchaîne les passions sur le net. Les partisans de l’un comme de l’autre camp rivalisent en déclarations vengeresses et accusatoires. Des appels à mobilisation sont passés via des pages Facebook, Twitter et sur des sites internet. De même, des articles entiers sont déroulés, avec toujours une coloration partisane très marquée jusqu’à certains qui comparent cette affaire à  celle qui, en son temps, avait opposé le président Omar Bongo et ELF Gabon à l’État français. Mais personne ne cite quelque argument que ce soit ni ne fourni de preuves pour étayer ses accusations.

La déclaration de PCQV fait remarquer que «Marc Ona Essangui, membre influent et coordonnateur du Mouvement Citoyen «Ça suffit comme ça» est au centre des revendications des forces démocratiques et citoyennes qui poussent le peuple à exiger l’organisation de la conférence nationale souveraine dont le processus a été lancé le 8 décembre 2012 et qui connait un réel engouement dans l’opinion». C’est sans doute là que se situe le nœud de cette algarade, même si on a du mal à percevoir qui a quoi à gagner dans cette emballement médiatique.

L’audience du 26 décembre permettra sans doute de comprendre un peu mieux ce qui se passe réellement et de mesurer l’importance et le sérieux de ce litige.