Gil Ndjouwou, étudiant gabonais en France, depuis 2008 raconte à travers sa session tweet son expérience “plaisante” de quatre jours au centre de détention du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne, pour avoir été arrêté comme “sans-papiers” lors d’un contrôle routier entre Reims et Paris.

La photo du profil de Gil Ndjouwou Moutimba sur Twitter

 

Ayant eu le droit d’utiliser son portable  deux heures par jour durant son séjour en centre de détention, Gil Juwu a saisi l’occasion de partager avec ses contacts son expérience, surprenante, de détenu du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne. Voici quelques séquences de ses tweets, avant qu’il ne soit remis en liberté le 9 mars dernier

«Je suis arrivé en France le 20 septembre 2008 avec un visa étudiant de trois mois, puis un titre de séjour jusqu’en septembre 2009, explique-t-il. Mais je n’ai pas pu le renouveler, faute de garanties nécessaires, notamment financières»

«C’est assez insolite de tweeter depuis ici (…). Je vais être fouillé et en cellule d’ici 15 minutes».

Pendant sa rétention, il s’est surtout attaché à décrire la vie au centre du Mesnil-Amelot, un lieu «caché au public et où la société civile n’a qu’un accès très restreint», selon une porte-parole de l’association la Cimade.

«Centre quasi neuf. Confort spartiate, mais appréciable. Trois repas par jour. Deux par chambre. Infirmerie. Distributeur de tabacs, chocolats, sodas», pouvait-on lire sur sa session.

Le jeune étudiant gabonais, dont la coupe afro a fait le tour du Net, en avait aussi profité pour faire part de sa surprise concernant l’attitude des forces de l’ordre. «Les policiers ici sont exemplaires. À l’écoute, souriants, très souvent amicaux. Loin des clichés de la TV», avait-il posté le 8 mars 2012. «Je ne suis là que depuis deux jours, mais je suis le premier étonné. Il y a du vouvoiement et même de l’humour, je n’ai pas vu d’animosité», avait-il précisé.

Joint au téléphone par un journaliste de Gabonews, le premier conseiller à l’ambassade du Gabon en France, Hermann Immongault a confirmé l’information : «C’est vrai, notre compatriote est en centre de rétention en Seine-et-Marne et les services consulaires sont en contact avec lui depuis deux jours. Nous attendons tout simplement la décision du tribunal avant de regarder ce qu’il y a lieu de faire.»

Une porte-parole de comité inter mouvements auprès des évacués (Cimade) avait nuancé son témoignage en soulignant que «l’humanité bien réelle» des policiers tranchait «radicalement» avec «la logique violente des expulsions». D’après la Cimade, présente au Mesnil-Amelot, c’est la première fois qu’une personne menacée d’expulsion témoigne en direct de l’ambiance qui y règne.

«Si mon histoire peut faire en sorte que les sans-papiers soient mieux traités, ce serait une victoire pour tout le monde», a-t-il exprimé.