Pour les punir, un pasteur de la Communauté missionnaire chrétienne internationale (CMCI) enduisait de ses excréments le visage de ses enfants.

© bbc.com

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A Mouila, dans la province de la Ngounié, le tribunal a récemment été amené à juger une affaire hors du commun  mettant en scène un homme d’église et ses enfants, jugés irrespectueux et indignes du statut de ce dernier. De fait, Bengone Nka, cinquantenaire, responsable de la Communauté missionnaire chrétienne internationale (CMCI), une église plus ou moins connue, sise au quartier Mandji-Assango, dans le 2e arrondissement de la commune de Mouila, est apparu sous son véritable visage, alors que des sévices corporels et psychologiques auxquels il soumettait sa progéniture avaient été portés à la connaissance d’une assistante sociale en service dans la ville. Le pasteur, pour toute réponse à la désobéissance répétée du jeune F.E.E, 16 ans, recouvrait son visage d’excréments et le faisait balader à travers leur quartier de résidence, comme pour lui faire passer l’envie de lui désobéir à nouveau, lui le berger tant respecté au sein de sa communauté. Curieux !

Pour son autre fils, J.B, âgé de 8 ans, «l’homme de Dieu» usait d’une autre «stratégie» pour se faire respecter. A en croire l’hebdomadaire Faits Divers (n°58) qui relaye la sordide histoire, Bengone Nka «l’immobilisait sur son lit durant des journées entières et des nuits, à l’aide de chaînes. (Et) pendant les moments de supplices, le bambin ne mangeait ni ne buvait». Si jusque-là le comportement du berger mis sous le coup du délit de maltraitance par le parquet, peut étonner plus d’un, l’accusé n’a pas manqué de donner sa version des faits, comme pour se dédouaner. «Je lui ai fait honte comme il me le faisait», a-t-il vainement tenté de se justifier, avant de poursuivre : «Pour l’homme de Dieu que je suis, je n’acceptais pas la désobéissance de mes enfants.» Ce à quoi le tribunal a répondu par une peine de 8 mois de prison.