Tout en déplorant la récente disparition de quatre jeunes compatriotes à Libreville, le gouvernement, par l’entremise de son porte-parole, accuse ce mardi 12 juin certains responsables de l’opposition gabonaise de contribuer à entretenir la rumeur sur le nombre des noyés et les circonstances de leur décès.

Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement, le 12 juin 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Diffusée ces derniers jours sur les réseaux sociaux et certains médias nationaux et internationaux, la rumeur faisant état de la disparition par noyade d’une quinzaine d’élèves du CES public d’Akébé est fausse. Le gouvernement gabonais dit n’en dénombrer que quatre, dont trois élèves de la classe de 4e dudit établissement. L’autre rumeur sur les circonstances du décès de ces jeunes compatriotes n’est pas plus fondée, selon Guy-Bertrand Mapangou, porte-parole du gouvernement.

Vingt-quatre heures après les éclaircissements du procureur de la République sur cette «affaire», les autorités gabonaises n’hésitent plus à pointer du doigt une partie de l’opposition qui, selon elles, semble avoir intérêt à distiller et à entretenir ces rumeurs. Le gouvernement y voit une «forme de récupération à visées politiques» ainsi qu’«une volonté manifeste de ternir à tout prix l’image et la réputation de notre pays», qu’il juge «inconcevable voire immoral».

«A la veille de chaque consultation électorale, depuis 2009, des esprits malins et chagrins s’éveillent pour voir dans chaque décès d’un gabonais un crime qu’ils qualifient mécaniquement et tendancieusement de crime rituel. Ce discours est souvent relayé par les réseaux sociaux, des blogueurs et une certaine presse internationale soudoyés par certains responsables de l’opposition gabonaise, notamment celle-là qui refuse d’aller aux prochaines élections législatives dont la tenue est indispensable pour la vitalité de notre démocratie», fait constater le gouvernement.

Accusé d’avoir laissé trop de temps à la rumeur pour s’amplifier, le gouvernement se défend en invoquant l’«Etat de droit» et «le principe de la séparation des pouvoirs». Pour Guy-Bertrand Mapangou, «il était naturellement fondé de laisser les services compétents de la police judiciaire et du parquet de mener les enquêtes nécessaires sur ces disparitions qui ont endeuillées plusieurs familles gabonaises».

S’il dit être «respectueux de la liberté de la presse et des droits de l’homme», le gouvernement gabonais met tout de même en garde «les ennemis et les détracteurs de notre pays et leur rappellent fermement que le Gabon n’est ni un paillasson ni un marchepied».