Plus de 60 millions de francs CFA ont été dépensés pour que l’équipe du Gabon soit renvoyée de la coupe de l’Union des fédérations de l’Afrique centrales (Uniffac), en cours au Cameroun. Pourtant informée, trois mois à l’avance, de l’invitation des U17 gabonais à cette compétition, la Fédération gabonaise de football n’a pas daigné confirmer la participation des Panthères. Elle n’a pourtant pas oublié de travailler au déblocage des fonds pour le financement de cette campagne ratée.

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Malgré le déblocage de plusieurs dizaines de millions de francs CFA, les Panthères U17 ont fait le voyage du Cameroun pour s’entendre dire que ne pouvant plus participer à la compétition dont le tirage au sort était déjà fait, ils devaient rebrousser chemin. La malheureuse équipée des Panthéreaux ramène au souvenir de la mini-opération Mamba de Nicole Assélé alors qu’elle était ministre des Sports (lire «Sports, jeunesse et malversations financières»). On apprenait alors que la participation d’une équipe nationale de football à une compétition internationale est bien souvent l’occasion de susciter des dépenses.

Plus de 60 millions de francs CFA

Dans le cas de l’équipée ratée de la coupe de l’Uniffac, comment expliquer qu’alors que les formalités de participation n’étaient même calées, des fonds ont été demandés, certainement payés par le Fonds National pour le développement du sport (FNDS), pour les besoins de deux regroupements. Des sources bien informées du milieu parlent de 40 millions de francs CFA, auxquels il faut additionner 15 millions pour le transport de l’équipe et son encadrement au Cameroun et 5 millions pour l’hébergement. Certains commentateurs et observateurs du milieu footballistiques gabonais pensent qu’aux dépenses sus indiquées, devraient s’ajouter les primes des joueurs, sélectionneurs et membres du staff technique. «Pire, le tournoi n’est même pas qualificatif pour la Coupe d’Afrique des nations des moins de 17 ans (CAN U17). De qui se moque-t-on ?», interroge et grogne un membre de la Fegafoot ayant requis l’anonymat.

Amateurisme  

Le contexte : prévue de longue date, la Coupe de l’Union des fédérations l’Afrique centrale (Uniffac) a lieu du 5 au 15 avril au  Cameroun. Pour cela, toutes les fédérations des pays de la sous-région d’Afrique centrale ont reçu à bonne date, les invitations pour prendre leurs dispositions afin d’y participer. Malheureusement, la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) n’a jamais confirmé sa participation, en dépit des nombreuses relances des instances de l’Uniffac. Et, jusqu’à deux semaines du coup d’envoi du tournoi, le Gabon n’avait pas toujours pas confirmé sa participation. La conséquence de ce manque d’intérêt accordé à la compétition est que le  Gabon a été écarté par les instances de L’Uniffac. Le respect de son règlement intérieur s’imposait.

Une question se pose dès lors : négligence, incompétence ou désintérêt ? Certainement d’autres préoccupations, l’équipe sortante étant visiblement accaparée par les questions d’élections plutôt que par la participation du pays aux compétitions internationales.

Alors à qui incomberaient toutes les charges suscitées par un amateurisme? Est-ce au président de la Fegafoot ? Pour rappel, l’équipe de Pierre Alain Mounguengui n’est pas à sa première bourde. En 2017 en effet, le Gabon avait écopé d’une sanction infligée par Confédération africaine de football (Caf) pour le carton jaune du joueur Mario Lemina non signalé au sélectionneur par le directeur technique de la Fegafoot.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga

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