Présente à Libreville pour la présentation de «Aimé malgré lui» de Didier Ndenga, l’actrice et productrice d’origine centrafricaine, qui incarne le personnage principal de la série-télé bientôt diffusée sur Kanal 7, s’est entretenue avec Gabonreview.

Scène de tournage d’«Aimé malgré lui». © facebook/habi.toure

Scène de tournage d’«Aimé malgré lui». © facebook/habi.toure

 

Images d’archives (facebook/habi.toure pour les deux premières). Et, Habi Touré, le 6 octobre 2015 à Libreville. © Gabonreview

Images d’archives (facebook/habi.toure pour les deux premières). Et, Habi Touré, le 6 octobre 2015 à Libreville. © Gabonreview

Gabonreview : Vous êtes au Gabon pour la présentation d’une série-télé intitulée «Aimé malgré lui». Que pouvez-vous nous en dire ?

Habi Touré : «Aimé malgré lui» est une série tournée entre Bangui en Centrafrique et Paris en France, qui fait au total 72 épisodes de 26 minutes chacun. Il s’agit d’une histoire d’amour entre un frère et une sœur qui ne se connaissaient pas, qui se rencontrent au hasard et finissent par tomber amoureux l’un de l’autre. La série traite donc de la question de l’inceste et de la séparation des familles. Elle a été diffusée une première fois sur TV5 Monde Afrique et bientôt elle le sera sur la chaîne A+ du groupe Canal +. Mais avant, et dès le mercredi 7 octobre 2015, la série sera diffusée sur la chaîne gabonaise Kanal 7.

La série a été très bien accueillie, et on a eu de bons retours, d’autant que nous avons entrepris une tournée promotionnelle avec les acteurs et le réalisateur. Cette tournée nous a notamment conduits en République démocratique du Congo, au Congo Brazzaville, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Trois ans après, nous voici donc au Gabon grâce aux retours que nous avons de la part des téléspectateurs.

Dans cette série, vous tenez le rôle principal, celui de Lindsay. Mais il apparaît que vous endossez d’autres responsabilités dans le film…

Effectivement. Je joue le rôle de la jeune fille qui rencontre son frère sans le savoir et en tombe amoureuse. Mais derrière la caméra je joue un autre rôle : je suis la scénariste et coproductrice de la série «Aimé malgré lui», à travers la boîte HD Production.

Est-ce votre première expérience au cinéma ?

Non. Dix ans déjà que je suis dans le cinéma. D’abord en tant qu’actrice, et je suis à ma cinquième année dans la production et l’écriture des films. J’ai à mon actif un certain nombre de films plutôt connus à Paris, parmi lesquels «Les oiseaux du ciel» d’Eliane de Latour en 2007. J’ai moi-même produit un court-métrage intitulé «Chinatown», qui a eu quatre prix : celui du public, de la critique, de la meilleure actrice et du meilleur acteur au festival GPACT [Grand prix africain du cinéma, de la télévision et des Tic, ndlr.] à Abidjan en Côte d’Ivoire. Le même court-métrage a reçu en septembre dernier un prix au festival Nafca [Nollywood & African Film Critics’ Awards, ndlr.]

Alors, comment devient-on l’actrice que vous êtes aujourd’hui ?

C’est un métier que j’ai choisi, bien qu’aucun membre de ma famille ne fasse de cinéma. J’ai choisi d’être actrice après avoir été modèle pour des magazines comme Amina et Miss Ebène. Aussi, j’ai été l’égérie de marques de cosmétique telles que Dermabella, le parfum Fenzi et les produits de beauté de Make Up Atelier. J’ai donc choisi de faire ce métier depuis mon jeune âge, mais je n’ai pas eu l’occasion de commencer plus tôt parce que, née à Bangui en Centrafrique, où j’ai vécu jusqu’à mes 15 ans, j’ai dû me rendre à Paris pour terminer mes études. Ce n’est que plus tard que j’en ai profité pour faire mes débuts dans le cinéma. Ceci, contre l’avis de mes parents, qui travaillent dans le diamant.

Vous êtes donc de famille aisée…

Pas du tout, non ! (Rire). Mon père est diamantaire mais ça ne veut pas dire que je l’ai été. On est une famille plutôt modeste et simple.

Qu’est-ce qui vous fait courir ?

L’envie, la motivation et l’amour de mon métier. Je me dis que rien ne viendra me trouver chez moi. Il faut que je lève et que j’aille le chercher. De même, je dis que si j’arrive à faire des choses que le public apprécie et que des gens me sollicitent, c’est par rapport au fait que je me lève tôt et me couche tard à cause du travail.

Des projets…

A court terme, j’envisage le démarrage du tournage de la version longue de «Chinatown», qui devrait intervenir dans deux mois, entre la Chine et Paris. Aussi, nous avons les séries-télés «Au cœur du pouvoir» à Abidjan et «Rever Hotel» à Kinshasa.