Selon une étude du réseau Afrobaromètre, 8 gabonais sur 10 ne souhaitent pas avoir pour voisin un homosexuel.

Au Gabon, l’homosexualité est encore mal, voire très mal vue. Si elle n’est pas réprimée par la loi, elle reste peu tolérée. L’Afrobaromètre révèle dans sa dernière étude que 79% des 1200 gabonais adultes interrogés en novembre 2017 ne souhaiteraient pas avoir pour voisin un homosexuel. Le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et perspectives (Cergep) évalue cette intolérance à «près de 8 gabonais sur 10».

Si le pays compte un nombre conséquent d’homosexuels, la société, dans sa majorité, ne semble pas prête à intégrer cette pratique que d’aucuns qualifient de «contre nature» et contraire aux traditions et à la culture gabonaises. Les autorités, elles, n’ont vraiment jamais osé traiter de la question.

En 2013, alors procureur de la République, Sidonie Flore Ouwé avait rappelé qu’«il n’y a aucune disposition du code pénal gabonais qui sanctionne des majeurs qui auraient des rapports contre nature». Au Gabon, les sanctions ne peuvent survenir uniquement lorsque des rapports entre personnes de même sexe sont pratiqués sur des mineurs.

L’enquête du réseau Afrobaromètre, publiée le 26 avril à Libreville, révèle par ailleurs que «la majorité des Gabonais interrogés ne voient aucun inconvénient à avoir pour voisins des immigrés ou des travailleurs étrangers, des personnes de religion différente et des personnes d’un autre groupe ethnique».