Le parti de Guy Nzouba Ndama a célébré son premier anniversaire, samedi 10 mars, à Libreville. Il en a profité pour réaffirmer son ambition d’accéder au pouvoir, en commençant par les prochaines législatives, dont il attend une date fixe de la part du gouvernement.

Les Démocrates ont célébré leur 1er anniversaire, le 11 mars 2018, à Libreville. © Gabonreview

 

Né, le 11 mars 2017, des cendres de l’Alliance pour le nouveau Gabon (ANG) de Séraphin Akuré-Davain, le parti d’opposition dénommé Les Démocrates comptabilise un an d’existence cette année. A l’occasion de la célébration de son premier anniversaire à Libreville, son président a rappelé que leur «ambition était de proposer aux Gabonais, non pas un simple parti au sens banal de cette expression, mais davantage un cadre de reconstruction idéelle d’une part, d’autre part (de proposer) un véritable instrument de résistance à travers lequel (ils avaient) à cœur d’évincer le sentiment de résignation née de l’épilogue douloureuse de la dernière élection présidentielle».

Le but de Guy Nzouba Ndama et les siens était alors d’en faire un parti visant essentiellement la conquête du pouvoir. Si leurs ambitions n’ont pas changé, le président des Démocrates a indiqué que «seul l’exercice du pouvoir permet de donner un contenu concret et légitime à (leurs) idées aussi brillantes soient-elles». Les militants et lui-même ont dit refuser de verser dans «la coquetterie consistant à se satisfaire de l’opposition comme statut et de la simple gestion oiseuse de la parole comme finalité».

Douze mois après, Guy Nzouba Ndama assure que leur objectif est en passe d’être atteint, d’autant plus que le parti, membre de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) réunie autour de Jean Ping, a acquis une certaine notoriété auprès du public. «A travers tout le pays, nous avons pu expliquer nos idées, installer des délégations. Nous avons littéralement labouré le terrain sans tambour ni trompette. Aujourd’hui, Les Démocrates alimentent les conversations amicales et familiales. Plusieurs concitoyens sont fiers d’en revendiquer l’identité comme leur marque déposée, et nous pouvons désormais nous prévaloir d’un certain potentiel électoral», s’est vanté l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Revendiquant plusieurs centaines d’adhésions enregistrées tout au long de l’année, dans les différentes provinces du Gabon, Les Démocrates sont impatients de prendre part à leurs premières élections, les législatives en l’occurrence. Problème. «Le gouvernement en place semble manifestement perplexe et confus à l’idée de les organiser. (…) Le flou persiste. Aucune date avancée pour les opérations d’enrôlement, aucune ombre perceptible à l’horizon concernant le fameux Centre gabonais des élections », s’est plaint Guy Nzouba Ndama. Pour Les Démocrates, la stratégie des autorités est claire : elles croient «faire du temps un allié susceptible d’anéantir la colère du peuple gabonais».

Or, a prévenu le président, «le gouvernement en place ignore qu’il ne fait qu’augmenter son exaspération et alimenter son sentiment de révolte. D’autant plus qu’au piétinement de l’Exécutif sur la question électorale, s’ajoutent une liste de promesses présidentielles qui ne cesse d’aiguiser les attentes : des accouchements gratuits à l’hydraulique villageoise, en passant par les hôpitaux mobiles et la restauration des bâtiments scolaires».

La célébration du premier anniversaire des Démocrates a été ponctuée par l’organisation de diverses activités, à l’instar de l’exposé de l’enseignant et acteur de la société civile Bertrand Noël Boundzanga, axé entre autres sur la nécessité de «résister» au pouvoir en place, y compris par l’action électorale.