Lancés dans une contre-promotion du projet de révision constitutionnelle depuis quelques semaines, Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou invitent les populations à dénoncer les 50 ans de règne de la famille Bongo au Gabon.

Le 6e vice-président du Sénat Jean Christophe Owono Nguema (au 1er plan), le 22 novembre 2017 à Cocotiers (Libreville). © D.R.

 

Comme annoncé la vielle sur les réseaux sociaux, le 22 novembre, Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou qu’accompagnaient d’autres responsables de l’opposition, à l’instar de Paul-Marie Gondjout de l’Union nationale (UN), se sont entretenus avec les populations du 2e arrondissement de la commune de Libreville. Au centre de leurs échanges : la situation actuelle du pays, mais davantage le projet de révision de la Constitution contre lequel le sénateur et le président de Union et Solidarité (US) se sont ligués il y a quelques semaines.

Au quartier Cocotiers, un des plus habités de la circonscription, les deux opposants ont redit leur conviction au sujet dudit projet gouvernemental : il envisage de consacrer la «monarchisation» de la République gabonaise au profit d’Ali Bongo ayant hérité le pouvoir de son père Omar Bongo. Aussi, Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou ont-ils appelé les populations à faire barrage à cette révision. «50 ans c’est trop !» ont-ils lancé.

Depuis l’accession d’Omar Bongo au pouvoir le 2 décembre 1967, dans une semaine, son fils célébrera les 50 ans de règne de sa famille à la tête du Gabon. Un «mauvais exemple à l’Afrique et au monde», a estimé le leader du parti Union et Solidarité sur sa page Facebook. «Lorsque tous les peuples du monde avancent vers plus de République, vers plus d’égalité, vers plus de dignité, Ali Bongo Ondimba invite le Gabon, vers plus d’inégalité, vers plus de pouvoir absolu, donc vers plus de monarchie.»

Disant s’appuyer sur les recommandations de l’article 1er paragraphe 21 de la Loi fondamentale, le 7 novembre, Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou avaient appelé «les citoyens à se mobiliser pour défendre la patrie, et pour protéger la Constitution». S’ils n’avaient pas été entendus à la hauteur de leurs attentes, le sénateur et le président de l’US ont décidé d’aller vers ces «citoyens». Après Cocotiers, leur campagne de sensibilisation les conduira dans les quartiers Nzeng-Ayong, Kinguélé et Lalala.