Au terme de six jours de conférences-débats et d’exposition consacrant les 50 ans de la disparition du premier président gabonais, Léon Gabriel Mba Minko, le professeur Grégoire Biyogho a livré, le 2 décembre à Paris, une leçon conclusive retraçant la vie de l’ancien chef de l’Etat.

Grégoire Biyogho et Flavien Enongoué dans une salle bondée lors de la leçon conclusive de «Léon Mba : 50 ans après», à Paris, le 2 décembre 2017. © Gabonreview

 

Organisée par l’ambassade du Gabon en France, l’exposition «Léon M’ba : 50 ans après» aura donné à voir, à entendre et à apprendre sur la vie et l’œuvre du premier chef de l’Etat gabonais. Pendant six jours, sa vie a été décortiquée par les hommes de sciences et de lettres qui ont permis de cerner cette personnalité, considérée comme le père de l’indépendance et de la Nation gabonaise.

Au terme de cette manifestation, le professeur Grégoire Biyogho a dressé un bilan dans lequel il a dit apprécier l’initiative qui, pour lui, demeure la «première tentative de lecture publique du Léonbisme». De ce point de vue, l’on peut considérer que l’ancien chef de l’Etat était un «self made man». Autrement dit, un autodidacte qui a appris plusieurs langues du terroir. Et qui a travaillé de manière intelligente et organisée pour se frayer le chemin l’ayant conduit vers sa destinée. Selon Grégoire Biyogho, Léon Mba a procédé par «auto-construction de soi et ruse» pour réaliser son destin.

Face à la colonisation dont il fut l’un des opposants, puisque c’est dans sa vingtaine qu’il écrit sa première lettre au gouverneur des colonies, la vie de Léon Mba vue par le Grégoire Biyogho est marquée de résilience. «Il tire avantage des erreurs pour faire quelque chose de nouveau», a expliqué l’égyptologue, s’appuyant sur cet effort individuel qu’aura fait Léon Mba durant toute sa vie et à tous les niveaux pour surmonter les épreuves. L’on note qu’il y a eu chez l’ancien chef de l’Etat gabonais une prépondérance de la norme et des principes, ainsi que la nécessité du bon fonctionnement des lois.

S’exprimant sur la nécessité de la fondation de la Nation gabonaise, le professeur a affirmé que Léon Mba s’opposait au repli identitaire communautariste. «Il avait donc compris, de bonne heure la nécessité de la fondation d’une nation», a-t-il déclaré. L’ancien chef de l’Etat a également marqué la postérité par le protectionnisme économique qu’il a appliqué. Notamment par la nécessité de protéger les richesses nationales. Et c’est de là que seraient venus tous ses problèmes. «Chaque peuple, chaque Etat doit trouver en lui-même la force pour défendre ses intérêt», a précisé le conférencier pour justifier les lois et décisions prises par Léon Mba en faveur de l’économie gabonaise.

En matière de culture, a affirmé Grégoire Biyogho, Léon Mba respirait l’universalisme. «L’autre était au cœur de sa pensée et cela s’est vu par sa capacité d’adaptation aux cultures, religions et traditions diverses», a-t-il soutenu.

Les autres moments forts de cette journée ont été les deux tables-rondes intitulées «Sur la scène internationale» et «Les soleils des indépendances». Au terme de cette semaine riche en découvertes, émotions et enseignements sur la vie de Léon Mba, l’ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoué, a assuré que ces conférences donneront lieu à un ouvrage collectif sur la vie et l’œuvre du premier président gabonais jusque-là très peu connues.

Cet événement a également permis au diplomate gabonais de donner un nouveau souffle à la chancellerie, au regard de la salle VIP baptisée Omar Bongo Ondimba, dévoilée au public lors de cette dernière journée. Bien avant, la salle de fête de l’ambassade, baptisée Léon Mba, a été inaugurée en présence des membres de la famille qui ont pris une part très active à cette commémoration des 50 ans de la disparition du premier chef de l’Etat gabonais.