Tout en rejetant la résolution du Parlement européen sur la crise au Gabon, le secrétaire général exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC) a tenu à rappeler aux eurodéputés la primeur de la légalité sur la légitimité concernant le président gabonais.

Guy Christian Mavioga, le 7 février 2017. © Gabonreview

 

Pour le compte de son parti, le BDC (majorité), Guy Christian Mavioga dit avoir lu avec une certaine attention la résolution votée le 2 février par le Parlement européen sur la crise au Gabon. Ce qu’il y a retenu : «un texte qui sème le doute et la confusion dans la conscience collective des politiciens non avisés». Or, le secrétaire général exécutif du BDC, lui, se défend d’en faire partie. Mieux, il assure avoir relevé une faute majeure dans le texte qui met en doute les résultats de la présidentielle d’août 2016 et la légitimité du vainqueur de ce scrutin : «En aucun cas [les parlementaires européens] n’évoquent la légalité» qui, selon lui, a bien plus d’intérêt que la «légitimité».

Un brin donneur de leçons, Guy Christian Mavioga a en effet tenu à rappeler aux eurodéputés qu’«en droit, la légalité est le caractère de ce qui est légal ; c’est-à-dire conforme à la loi, [donc] qui ne transgresse pas la loi». Tandis que, la légitimité, basée sur l’éthique et la morale est, estime-t-il, «aléatoire». Sa justification : «personne ne peut avoir tout le monde de son côté». Et selon lui, l’absence de popularité de François Hollande en France et Donald Trump aux Etats-Unis sont des exemples. Aussi, croit-il savoir qu’on peut exercer le pouvoir sans légitimité. Ce qui «devient de plus en plus récurrent à travers le monde», assure-t-il, non sans appelés les Gabonais à la «lucidité» face à cette résolution qu’il perçoit comme un pourvoyeur de «fausses espérances». Pour le porte-parole de la majorité, en fin de compte, «les conclaves des députés européens n’engagent qu’eux-mêmes. Le Gabon, dans tous les cas, reste un Etat souverain, donc qui ne reçoit d’injonctions que de sa Constitution. Il n’est pas sous l’égide de l’Union Européenne, de l’Union Africaine ou de la communauté internationale, bref, peu importe sa couleur».

Pour Guy Christian Mavioga, seul le dialogue appelé par les autorités gabonaises permettra de sortir de la crise issue de la dernière présidentielle et pallier les manquements décriés par les eurodéputés. Ces assises, espère-t-il, permettront de «rebâtir les institutions stables et crédibles», y compris la dissolution de la Cenap et du Sénat, et le redécoupage électoral.