Le parti de l’opposition entend adopter la position collégiale que dictera la Coalition pour la nouvelle république dirigée par Jean Ping à laquelle elle appartient.

Le RHM s’en remet à la CNR pour aller ou non aux élections législatives. © Gabonreview

 

Très débattue au sein de l’Opposition, la question de la participation ou non aux prochaines législatives a de nouveau cristallisé les interventions au cours de la manifestation organisée par le Rassemblement héritage et modernité (RHM) ; le 12 janvier à Awendje, dans le 4e arrondissement de Libreville.

«Convaincu que toute démarche individuelle est une aventure vouée à l’échec, le RHM prône la concertation», a indiqué le président du RHM, Alexandre Barro Chambrier, à la suite de son secrétaire générale, Michel Menga M’Essone.

Selon ce dernier, les discussions ont commencé au sein de la Coalition pour la nouvelle république (CNR) dirigée par Jean Ping. Il s’agit de décider collégialement sur la conduite à tenir.

Le parti a également saisi cette occasion pour clarifier son positionnement politique. Les leaders du RHM ont réitéré l’appartenance de leur parti à la CNR et reconnaissent Jean Ping comme personnalité centrale de ce regroupement.

Les leaders du RHM ont réitéré l’appartenance de leur parti à la CNR et reconnaissent Jean Ping comme personnalité centrale de ce regroupement. © Gabonreview

«Vous êtes le tronc de l’arbre, le RHM est une de vos racines, comme d’autres qui concourent à vous solidifier. Cette racine canalisera sans cesse la sève qui monte jusqu’aux branches et feuillages verts qui annoncent les temps nouveaux», a indiqué Alexandre Barro Chambrier.

Ce dernier n’a pas manqué de s’attarder sur l’ossification de la gouvernance actuelle. Non seulement les signaux de performance sont au rouge dans tous les secteurs dans le pays, mais les libertés individuelles sont ciselées au quotidien, a rappelé Barro Chambrier. De nombreux prisonniers pour délit d’opinion croupissent à ce jour en prison, de même que les exilés politiques interdit de rentrer dans leur pays.

Comme pour tordre le cou à l’appel à la concertation nationale prônée par l’opposition modérée, Barro Chambrier a dit ne pas faire place aux combats d’arrière-garde. «Chacun doit se rendre à l’évidence, le contexte a changé, une nouvelle génération rejette plus que jamais les agapes complices auxquelles est invariablement convoquée une opposition divisée, et discréditée au lendemain d’élections toujours truquées», a fait observer le président du RHM.

A sa suite, le président des 7 Merveilles du peuple (7MP), Joël Ngoueneni Nzengouma, a dit voir tous les ingrédients réunis pour déloger Ali Bongo du pouvoir. Le patriotisme du peuple et les indicateurs tourmentant le quotidien des Gabonais font que le moment soit «mûr» pour le faire partir, a estimé le président des 7 MP. «Qu’est-ce qui manque M. le président ?», a-t-il demandé à Jean Ping, estimant que le peuple n’attend que son orientation pour l’installer au pouvoir.

Autre moment fort de cette manifestation : la prise de parole improvisée de Jean Ping. Sans vouloir s’étendre, le président de la CNR a tout simplement demandé la libération des détenus pour délit d’opinion et réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout.

Auteur : Alain Mouanda