Présageant que le dialogue politique à venir prendra plus de temps que prévu et qu’il aboutira à des réformes politiques profondes, le parti de Me Séraphin Ndaot Rembogo exhorte le gouvernement à reporter la date des élections législatives. Au passage, le PDS a égratigné le Parlement européen en raison du vote de sa résolution sur la crise de l’Etat de droit au Gabon.

Une partie du directoire du PDS, en juin 2016 à Port-Gentil. © Gabonreview

 

Les législatives ne sauraient avoir lieu au mois de juillet prochain, comme annoncé par le gouvernement. Ces élections devraient être reportées pour se tenir des mois après le dialogue politique à venir. C’est en tout cas l’exhortation faite au ministère de l’Intérieur par le Parti pour le développement et la solidarité sociale (PDS), le weekend écoulé, à la faveur de la 9e session ordinaire de son conseil exécutif. Le parti de Me séraphin Ndaot Rembogo pressent que ces assises mettront plus de temps que prévu.

«Sur le plan social, ça boue à tous les niveaux. Il faut décrisper le climat. Et pour ce faire, il faut qu’il y ait un dialogue», a estimé sur Radio Gabon Jean Claude Yeno, le secrétaire exécutif du PSD. Les prochaines assises prévues à cet effet, a-t-il prévenu, «risquent de durer un mois, sinon plus», en raison du temps nécessaire à la mise en pratique des résolutions prises au cours des travaux. Au PDS, on pense que ces concertations pourraient «aboutir à la révision de la Constitution», notamment en matière de l’organisation ou des conditions de participations aux élections législatives. «Raisonnablement, il faut repousser la date des élections législatives à venir, même si on court le risque d’être forclos par rapport aux délais constitutionnels», a exhorté le secrétaire exécutif du PSD, appelant à la révision du Code électoral, ainsi que préconisée par le rapport final de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) au Gabon.

Profitant de la 9e session ordinaire de son conseil exécutif, le parti de Me Séraphin Ndaot Rembogo est revenu sur le vote de la résolution du Parlement européen sur la crise de l’Etat de droit au Gabon, issue du rapport de la MOE-UE. Le PDS y voit «un chantage» au relent de menace. Loin de craindre les potentielles sanctions de l’UE, ce parti se réclamant de l’opposition, indique que le Gabon ne perdra qu’«une petite aide de 8 milliards de francs». «Et si nous sommes écartés [des Accords de Cotonou], a estimé Jean Claude Yeno, nous n’en mourrons pas pour autant. Nous pourrons multiplier les accords bipartites.»