Estimant que la nouvelle répartition des sièges dans le cadre des prochaines législatives dessert Libreville, au regard du nombre d’habitants, le président de l’Union et Solidarité (US) a lancé une campagne visant à dénoncer auprès des institutions le déséquilibre orchestré par l’ordonnance du 26 janvier fixant répartition des sièges de députés par province, par département et par commune.

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, président d’Union et Solidarité. © D.R.

 

Jean de Dieu Moukagni-Iwangou ne voit pas d’un bon œil l’ordonnance n°00003/PR/2018 du 26 janvier 2018 fixant répartition des sièges de députés par province, par département et par commune. Récemment, le président de l’US a saisi la Cour constitutionnelle pour démontrer «l’inconstitutionnalité» de ce texte qui, selon lui, ne garantit pas l’organisation d’«élections honnêtes» dans le cadre des prochaines législatives. La principale victime de cette nouvelle répartition, estime l’opposant, est Libreville. Forte de 703 940 habitants, la capitale gabonaise ne sera représentée que par 12 députés, alors que le reste de la province de l’Estuaire dont elle est le chef-lieu comptera 14 sièges pour seulement 173 984 habitants, soit 19,82% de la population provinciale.

A l’US, on n’est pas loin de penser que la part belle a été faite à certaines provinces. Dans sa correspondance adressée à Marie Madeleine Mborantsuo, le président de ce parti membre de la Coalition pour la nouvelle République, démontre par exemple qu’avec ses 12 sièges, Libreville est moins représentée que la province du Haut-Ogooué (250 548 habitants pour 23 sièges), la province de la Nyanga (52 784 habitants pour 11 sièges) ou celle de l’Ogooué-Ivindo (67 257 habitants pour12 sièges) et du Woleu-Ntem (160 513 habitants pour 18 députés).

Pour Jean de Dieu Moukagni-Iwangou ce «déséquilibre, outrancièrement organisé dans la répartition des sièges à l’avantage de toutes les provinces au détriment de Libreville, ne participe pas d’une élection honnête». Les prochaines législatives, si elles se déroulent selon le mode de répartition actuelle, risquent de compromettre la véritable représentation du peuple, pense-t-on à l’US, où l’on appelle à prononcer simplement l’inconstitutionnalité de l’ordonnance querellée.