Brossant un tableau sombre de la situation sociale, politique et économique actuelle du pays à l’occasion de son 3e conseil national, l’Alliance démocratique et républicaine (Adere) a sonné l’heure du «vrai changement». Faute de quoi, elle ne participera pas aux prochaines législatives.

L’Adere a tenu son conseil national, le 14 octobre 2017 à Libreville. © Gabonreview

L’Adere participera-t-elle ou non aux prochaines législatives ? Le mystère demeure. Le parti de Didjob Divungi Di Ndinge ne s’est pas officiellement prononcé au terme de son 3e conseil national tenu, samedi 14 octobre, à Libreville. Il attend se plier à la décision de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), dont le leadeur, Jean Ping, et plusieurs membres ont été invités à la cérémonie d’ouverture des travaux.

Moments de la clôture du conseil, avec Didjob Divungi Di Ndinge (en haut) et les membres du bureau. © Gabonreview

Si l’Adere hésite encore à se positionner sur la question, c’est parce que la situation actuelle du pays l’inquiète. Sur les plans institutionnel, politique, social et économique, les voyants seraient tous au rouge. Son président en a brossé un tableau sombre, avant d’accuser le pouvoir en place d’être le principal responsable. Mais surtout, a estimé Didjob Divungi Di Ndinge, aller aux élections avec les institutions en place, c’est conforter «une triste tradition qui se répète à toutes les élections» depuis 1993, jusqu’en août 2016.

Or, a-t-il soutenu, «depuis 1993, toutes les participations de l’opposition aux élections législatives post-élections présidentielles, même portées par l’espoir d’opérer à postériori des réformes de l’intérieur du système, n’ont au final servi qu’à légitimer les différents coups d’Etat électoraux, pérenniser le système et lui permettre ainsi de poursuivre impunément son œuvre destructrice». Pour lui, «le peuple est convié (aux élections), pour simplement donner une caution et un vernis “démocratique” aux ambitions solidairement croisées, d’une nébuleuse oligarchique et d’un clan dynastique».

L’ancien vice-président de la République de s’interroger : «A la lumière d’une expérience vécue, répétée et infructueuse depuis 24 ans, le temps n’est-il pas venu d’exiger le changement, le vrai changement, avant toute autre élection qui serait organisée par le même régime dans les conditions actuelles, même “maquillées”, à la faveur d’un pseudo dialogue, au risque évident de connaître les mêmes fortunes ?»

Au terme de leurs travaux, les «patriotes» ont donc conditionné leur participation à d’éventuelles futures élections à «la réforme en profondeur du cadre objectif de nos institutions, en rupture avec le système Bongo-PDG et ses mécanismes d’oppression et d’asservissement, afin de le réconcilier avec sa mission première qui est d’encadrer l’expression des subjectivités et de laisser librement triompher celles qui reçoivent l’imprimatur du peuple».