Sans nul doute motivées par les législatives qui pointent à l’horizon, deux «sœurs», Gisèle Laure Eyang Ntoutoume et Françoise Assengone Obame, s’écharpent ces dernières semaines sur une histoire de bienfaisance liée à la construction d’une école dans le district de Sam à Mitzic.

Gisèle Laure Eyang Ntoutoume (à gauche) et Françoise Assengone Obame, s’écharpent sur la construction de l’école protestante de Sam. © D.R.

 

Une curieuse histoire de bienfaisance divise depuis quelques semaines le district de Sam à Mitzic. D’un côté, les «amis» de Françoise Assengone Obame et de l’autre, les soutiens plutôt acharnés de Gisèle Laure Eyang Ntoutoume, deux anciennes ministres, qui se disputent la maternité de la reconstruction de l’école protestante de la localité. Entre les deux, Jean-Jacques Ndong Ekouaghé, le président de l’Eglise évangélique du Gabon (EEG), qui ne s’embarrasse visiblement pas de jouer le jeu des deux «sœurs ennemies».

Le 27 avril dernier, l’école protestante de Sam a été détruite par un orage. Prise de compassion, Gisèle Laure Eyang Ntoutoume décide de réfectionner ce bâtiment vieux de 20 ans, pour lequel elle s’était déjà engagée en 1998. De ses propres moyens, elle décide de doter l’école d’une salle de classe de plus, qui ferait office de pré-primaire. Mais avant, rapportent ses soutiens, l’ancienne ministre avait mis à disposition des jeunes écoliers et de leurs enseignants son propre domicile pour leur permettre de poursuivre et d’achever le programme scolaire. Sauf que, les législatives pointant à l’horizon, ce projet de reconstruction d’école a réveillé l’appétit de son adversaire de toujours : Françoise Assengone Obame, dont la récente visite sur le chantier et les éloges prononcées à son endroit par le président de l’EEG ont fait grincer des dents dans le district.

«D’où sort-elle celle-là pour s’arroger le droit de lancer officiellement les travaux ?», s’étaient interrogés certains à Sam, en mai dernier. Ce qu’ils ignoraient, c’est que la présence de Françoise Assengone Obame sur le chantier (aux côtés du gouverneur du Woleu-Ntem et de Gisèle Laure Eyang Ntoutoume) avait été souhaitée par le président de l’EEG. La raison : c’est lui qui l’avait sollicitée pour une contribution financière censée permettre la finalisation du projet initialement lancé par l’autre ancienne ministre. Des rumeurs font état de 10 millions de francs CFA versés par Françoise Assengone Obame, dont les intentions, seraient plus politiques que véritablement humanitaires. Officiellement, cet argent servira à la construction des logements des enseignants et du directeur de l’école.

«Quand j’avais pris l’engagement d’offrir aux enfants de mon village natal une école digne de ce nom, ce n’était nullement pour des raisons politiques, ni pour faire ombrage à une quelconque personnalité politique du coin. J’avais fait le constat malheureux qu’après la destruction de cette école par l’orage le 27 avril dernier, personne n’avait pris l’initiative pour leur permettre de terminer cette année scolaire, ni d’envisager une solution durale pour la suite», lit-on sur le Facebook de Gisèle Laure Eyang Ntoutoume, qui a finalement décidé de laisser tomber le projet, pour ne pas «porter la responsabilité d’un éventuel échec qui pourrait hypothéquer la fin du projet (prévue) en septembre».