Le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) a brossé, vendredi 16 février, un tableau peu flatteur de la situation sociale au Gabon dont il rend le gouvernement responsable. L’occasion également de positionner son parti comme la meilleure alternative pour les prochaines élections législatives.

Bruno Ben Moubamba, président de l’ACR, le 16 février 2018, à Libreville. © D.R.

 

Hormis une sortie dans le cadre du Glob’s Forum, en novembre 2017 à Bruxelles, il ne s’était plus exprimé officiellement depuis son limogeage du gouvernement. Vendredi 16 février à Libreville, Bruno Ben Moubamba a tenu à «éclairer les Gabonais sur (son) positionnement et sur celui de l’ACR». A quelques semaines des législatives d’avril prochain, l’ancien vice-Premier ministre s’est plutôt appesanti sur «l’état de la Nation et des droits humains». Son appréciation est sévère : «le Gabon est dans un état catastrophique».

Le président de l’ACR a affirmé que le pays «est structurellement et opérationnellement en panne dans tous les secteurs du PSGE (Plan stratégique Gabon émergent) aujourd’hui totalement embourbé». L’opposant qui se défend d’avoir trahi son camp, a brossé un tableau peu flatteur de son pays, rythmé, entre autres, par l’«absence de rigueur dans la gestion des finances publiques, les grèves incessantes dans presque tous les secteurs de l’administration, y compris les universités, la vie chère, les infrastructures absentes ou en mauvais état, la jeunesse à la dérive, l’éducation en faillite, la prostitution, l’explosion du chômage, les famines dans l’arrière pays, la drogue, la destruction de la cellule familiale».

Les coupables, Bruno Ben Moubamba les voit au gouvernement et parmi les hauts-fonctionnaires de l’administration centrale, qui «se disputent le prix du meilleur acteur de télévision alors que les populations croupissent dans la misère». Condamnant «l’indifférence» des cadres gabonais devant la «souffrance» des populations, le président de l’ACR n’a pas moins exhorté les autorités à reprendre le programme des 10 000 logements, à réformer l’ANUTTC et à reconsidérer le concept de «Nouvel ordre urbanistique», qu’il avait lancé alors qu’il était ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. Rien ne dit que ses anciens collègues considèreront son appel.

Pour l’heure, en dépit du tableau sombre qu’il a lui-même peint de son pays, Bruno Ben Moubamba croit que le changement est encore possible. Celui-ci, a-t-il déclaré, «est à portée de main» et «est d’une simplicité inimaginable à atteindre». Il suffit, selon lui, de faire le bon choix. Or, «la seule voie qui reste aujourd’hui, la seule qui a encore du sens», c’est l’ACR. «L’ACR, a expliqué son président, connaît l’opposition pour être issue de l’UPG de Pierre Mamboundou. (…) L’ACR connaît le pouvoir pour l’avoir intégré aux plus hautes fonctions sans jamais avoir détourné un franc, et pour avoir réussi, malgré les obstacles dressés contre elle à travailler efficacement au service du pays, à y remettre un minimum d’ordre, quitte à ce que certains finissent sous les barreaux.»