Neuf des 12 partis membres de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) ont annoncé, le 15 février à Libreville, leur refus de participer aux élections législatives annoncées par les autorités gabonaises.

Les membres de la Coalition pour la nouvelle République le 15 février 2018. © D.R.

 

Les positions par rapport aux prochaines élections législatives sont désormais claires au sein de la Coalition pour la nouvelle République. Sur les 12 partis qui composent ce regroupement fédéré autour de l’ancien candidat unique de l’opposition, Jean Ping, neuf sont officiellement non-partants. Il s’agit de l’Adere, du Congrès pour la démocratie et la justice, des Souverainistes, du PGP, du NAR, du PARI, de l’UPGL, de l’UPL et de l’URDP.

«Le blocage de l’alternance politique par le pouvoir actuel, est la principale préoccupation du président Jean Ping, la principale préoccupation de la Coalition pour la nouvelle République, la principale préoccupation de la diaspora et la principale préoccupation de la majorité du peuple Gabon», a rappelé le membre de la conférence des présidents, Moulengui Boukousso.

Contrairement aux convictions du président de l’Union nationale, Zachary Myboto, exprimées le 10 février dernier, les partis non-partants ont estimé que la participation de l’opposition aux prochaines élections législatives viserait simplement à «légitimer le régime dont Ali Bongo restera le maître absolu».

«La présidence de la République est la clé de voûte de toutes les institutions. L’élection présidentielle a donc une importance sans égal. Mettre au même niveau de préoccupation la lutte pour le rétablissement de la vérité des urnes du 27 août 2016 et la lutte pour la conquête des sièges à l’Assemblée nationale est une manière de détourner l’attention du peuple Gabonais et de son président démocratiquement élu de leur objectif principal, à savoir le rétablissement de la vérité des urnes et la prise de pouvoir», a affirmé le membre de la conférence des présidents.

Pour les partis non-partants aux élections législatives, le Gabon n’est pas dans des dispositions de fonctionnement d’un État démocratique, où l’on peut rêver de voir la majorité échoir à l’opposition, mieux, gagner le combat de l’alternance par le biais du bulletin de vote.

«Il serait naïf de croire que dans notre pays, le Gabon actuel, il est possible de renverser cette dictature qui s’est maintenue au pouvoir par l’effusion du sang des centaines de gabonais», a indiqué Moulengui Boukousso.

Au nom des neuf partis non-partants, ce dernier a réaffirmé que Jean Ping a été élu par le peuple gabonais le 27 août 2016 août pour mener à bien la rupture pour la mise en place de la Nouvelle République. «Aussi, nous entendons rompre avec le cycle néfaste élection mal organisée, répression féroce, dialogue biaisé et partage des postes entre élites», a-t-il conclu.