L’opposant, ancien leader du Mouvement de redressement national (Morena), favorable au boycott des prochaines législatives, estime dans une interview au site Pyramid Media Gabon que les bases de ces futures élections ont été «volontairement faussées» par les autorités gabonaises.

Luc Bengono Nsi, ancien candidat du Morena à la présidentielle d’août 2009. © D.R.

 

Dans une interview parue ce mardi 3 juillet sur le site Pyramidmediagabon.com, Luc Bengono Nsi, à propos des prochaines législatives, assure que «les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour une élection régulière, libre, transparente et crédible». Si l’opposant, partisan du boycott, a regretté que son parti le Morena envisage de prendre part à ces élections, il estime que la participation de l’opposition qui espère intégrer en grand nombre l’Assemblée nationale est vouée à l’échec. Le découpage électoral acté il y a quelques mois lui apparaît comme une «inégalité troublante» du fait de la répartition actuelle des sièges et du nombre de bureaux de vote par siège.

«Dans ce document, on découvre des sièges dont le député est élu avec 5 ou 6 bureaux de vote ; et dans d’autres localités et provinces, on trouve parfois les sièges ayant entre 16 ou 41 bureaux de vote pour élire un seul député. […] Nous estimons que la démocratie représentative ne peut reposer sur de telles bases volontairement faussées, d’une très haute injustice et d’inégalités», déplore-t-il.

Aux prises depuis plusieurs années avec Marie-Madeleine Mborantsuo qu’il accuse de s’être toujours penchée du côté du pouvoir, Luc Bengono Nsi s’étonne également de l’élection, en avril dernier, de Moïse Bibalou Koumba à la tête du Centre gabonais des élections. Cet «ancien collaborateur de la présidente de la Cour constitutionnelle» ne lui inspire pas confiance. «Dans ces conditions, pourrait-on croire que le CGE puisse être neutre comme l’exigerait le peuple gabonais ?», s’interroge-t-il.

Pour l’ancien leader du Morena, rien n’est plus clair. Les prochaines législatives sont «une élection à la suite de laquelle les hommes du pouvoir vont se faire déclarer élus».