Alors que la base était promise à désigner les candidats à travers des primaires dans les fédérations, sections et comités, pour ce coup-ci c’est le secrétariat exécutif du parti au pouvoir, se basant sur un certain «compromis», qui va annoncer, dans une semaine, les candidats «investis» dans les 143 sièges. Potentiellement explosive, l’idée d’une désignation des candidats par la base militante ne sera finalement prise en compte que lors des scrutins ultérieurs. L’ouverture de la campagne pour les législatives devrait intervenir  le 15 août prochain.

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Une ambition zappée ? Pour jauger la régénération et la revitalisation en marche au sein du parti au pouvoir, le secrétariat exécutif soutenu par le Congrès ordinaire avancé des 8, 9 et 10 décembre 2017 promettait des primaires pour départager les candidats à la candidature. Or, la désignation des candidats est un sujet ultrasensible au PDG. Aussi, la belle idée de «donner la parole» à la base pour choisir les candidats du parti est-elle passée à la trappe. Le temps presse. Il n’y a plus le temps pour organiser des primaires au sein du Parti de Louis. Des primaires qui auraient pu, en plus, se révéler suicidaires pour le parti fondé par Omar Bongo faisant actuellement face à une succession de «conflits fratricides» dans de nombreux fiefs.

Pourtant, lors du congrès de décembre, la commission chargée de la Politique générale s’était attaquée à pas mal de sujets «hautement inflammables» : pouvoir à la base, organisation systématique d’élections primaires, refus d’injonction du sommet du parti. Mais le PDG a préféré abandonner – ou plutôt édulcorer – ces belles promesses de démocratisation interne. Il est vrai que politiquement, l’organisation des primaires pour la désignation des candidats aux prochaines élections législatives (prévues en principe pour fin août pour le premier tour et début septembre pour le second tour) aurait été explosive. Les batailles âpres d’octobre-novembre 2017 ont laissé des blessures ayant du mal à cicatriser. À Lambaréné, par exemple, à Akanda aussi, des PDGistes se regardent en chiens de faïence. Revenir au choix par le sommet et non par la base est peut-être le prix à payer pour un climat apaisé dans les rangs, quitte à hérisser le poil de certains «grognards».

 «Le pouvoir à la base» : totem abandonné, totem inatteignable ?

Toutefois, c’est officiellement en raison du «temps qui presse» que le processus interne de démocratisation a été reporté. Les dernières informations obtenues font état de l’ouverture de la campagne pour les élections législatives le 15 août prochain. Les investitures ont donc été décidées au siège du parti tandis que l’annonce interviendra dans les tout prochains jours. Selon nos informations, cette annonce devrait être faite dans moins d’une semaine par le secrétaire général du PDG.

L’approche des élections est propice au compromis. «Nous ne voulons rien faire dans la précipitation», indique-t-on à Louis. «L’expérimentation des nouvelles réformes se fera à un rythme normal». Le compromis devrait aussi tenir compte du choix des militants lors des congrès provinciaux de la fin de l’année dernière. Puisque la base a choisi, en novembre dernier, ses représentants au Bureau politique, ce sont ces «élus» qui devraient, en principe, dans la grande majorité des cas, représenter le PDG aux législatives. Seul souci : les circonscriptions ayant des ministres. Le membre du gouvernement pourrait être investi face à un membre du Bureau politique. La plupart des observateurs indiquent suivre, à cet égard, la situation de Lambaréné : est-ce Joël Ogouma, membre du Bureau politique élu, ou Madeleine Rogombé-Berre, membre du gouvernement, qui sera désignée ?

De peur d’être épinglé pour sa lenteur ou pour un manque d’organisation, Louis a préféré anticiper, après avoir effectué, en interne, un «bilan des compétences» et après avoir «vérifié les efforts» des militants. L’investiture par le haut semble est ainsi un outil plus accommodant. L’idée étant de se servir de cet outil «pour remettre dans une démarche dynamique» l’ensemble des fédérations, sections et comités, et pour ne pas envenimer les contestations.