Depuis plusieurs semaines à Mounana, dans la province du Haut-Ogooué, les préparatifs des législatives de 2018 semblent avoir été lancés. Les potentiels candidats sont entrés en précampagne électorale sous le regard plutôt amusé d’une lectrice de Gabonreview, elle-même responsable politique d’un parti de l’opposition bénéficiant d’un certain ancrage dans cette localité. Ci-après, comme pour un pari hippique, son pronostic qui ne manque pas de subjectivité.

Illustration. © Reuters/Gerauds Wilfried Obangome

 

La précampagne électorale comptant pour les législatives 2018 semble avoir été lancée avant le temps à Mounana. On peut comprendre pourquoi. Après les matchs de 2009, 2011, 2013 et 2014 remportés par le parti démocratique gabonais (PDG), c’est la finale qui va se jouer. On comprend donc que les enjeux sont très importants.

Le président de l’Union nationale (UN), Zacharie Myboto, deux fois perdant face au PDG (2013 et 2014) joue sa survie politique et son leadership au sein de son propre parti, classé dans l’opposition dite «radicale». Il a fait de la politique toute sa vie et parcourt le département depuis quelques semaines pour ramener les brebis égarées et apeurées par une «dictature» qui a frappé fort : procès perdu au tribunal, pleurs et grincements de dents, fermeture du luxueux l’hôtel Le Maicha, etc. Les turfistes le classent «favori» parce que le vote sanction menace le PDG et le vieux crocodile de la politique pourrait surprendre. Mais député depuis 1990 jusqu’à 2011 (21 ans), on peut se demander si l’envie de changement ne va pas le balayer une bonne fois pour toute. Jamais deux défaites sans trois…

Comme «seconde chance», on nous signale Berthe Boubou Bokoko, candidate des Démocrates de Guy Nzouba Ndama. C’est une nouvelle figure politique, même si elle a longtemps milité au PDG et participé fortement aux élections de 2009 et 2011. Elle joue sa carte et peut bénéficier du vote sanction du PDG et de la volonté de changement dans l’opposition.

Le «tocard», c’est le député sortant, Christian Magnagna, actuel ministre des Mines. Si vous interrogez des Mounanais, sur 10 personnes, il n’y en aura pas 3 pour vous dire du bien de lui. Pourtant, il est ministre depuis 2009. Pourquoi tant de jalousie et de haine envers lui ? En vrac, on nous a répondu : c’est Jacky Chan (il est invisible et il a trop de katas), il ne fait pas nommer des cadres, il n’a pas de pouvoir (le vrai pouvoir est à Franceville et Léconi). Parmi toutes ces réponses, on retiendra qu’il a disparu de Mounana depuis aout 2016. C’est pourquoi ses fans et militants sont fâchés et n’attendent qu’une occasion de le lui faire savoir.

L’«outsider», c’est l’homme qui valait 600 millions de francs CFA, président d’un parti fantôme (zéro élus). On ne sait pas s’il sera partant ou pas. Siéger au Parlement ou au palais ? Son point fort : après une réunion dans une salle bien remplie, chaque sortant reçoit un billet violet. Son point faible : de 1999 à 2009 et de 2009 à maintenant, combien de cadres nommés grâce à lui ? Lui qui aime se comparer à Myboto, hier aux côtés d’OBO, quel est son bilan ? Les citoyens de Mounana ont eu le temps de s’en rendre compte : il n’est pas facile de succéder à un grand homme politique. A vous de trouver de qui il s’agit !