Comme annoncée par le ministre de l’Intérieur, Lambert-Noël Matha, la révision de la liste électorale a été lancée le 15 juin.

Les électeurs ne se bousculent pas encore dans les sites destinés à la révision de la lite électorale entamée le 15 juin 2018. © Gabonreview

 

Les opérations de révision de la liste électorale ont débuté sur le 15 juin sur l’ensemble du territoire. Malgré le fait que ce jour ait été déclaré férié, en raison de la célébration de la fête du Ramadan, le processus est effectif. Les sites retenus pour ces opérations de révision et d’enrôlement ont tous ouverts.

A la mairie du 3e arrondissement, à Nombakélé, comme dans la plupart des centres de révision, le démarrage était timide. Sous les hangars érigés pour abriter les listes disposées sur des tableaux, les électeurs scrutent minutieusement les listes à la recherche de leur nom. «Je suis venu aujourd’hui parce que je ne veux pas être surpris par les délais», a déclaré un électeur. «J’ai retrouvé mon nom. Tout est bien écrit, je n’ai pas à me plaindre. Je n’attends plus que le jour de l’élection», a-t-il ajouté.

S’il peut se réjouir d’avoir trouvé son nom sur cette liste, ce n’est pas le cas pour certains. «J’ai cherché, recherché mon nom avec l’aide des amis en vain. Je m’étais inscrite. Mais je n’ai pas voté lors de la dernière élection. Je crois que je vais aller me réinscrire», s’est plaint une jeune dame.

D’autres se plaignent également de ne pouvoir s’inscrire avec le récépissé de la carte d’identité nationale. En effet, beaucoup se présentent aux centres de révision munis du récépissé de leur carte nationale d’identité. Or, ce document ne figure pas parmi ceux retenus pour l’inscription sur la liste électorale. «J’ai établi la carte d’identité depuis, mais elle n’est pas encore sortie. J’ai le récépissé, on me dit que je ne peux pas m’inscrire avec. Ça sert donc à quoi ?», a fulminé un jeune qui souhaite se faire enrôler pour la première fois.

Face à la colère et aux incompréhensions qui enveniment parfois l’atmosphère dans certains sites d’enrôlement, les agents jouent la carte de l’apaisement, en usant de la pédagogie et de la retenue. «On nous soupçonne déjà de faire le jeu du pouvoir. Or, nous ne demandons que les pièces requis pour se faire enrôler. Il faut une carte d’indenté nationale, un acte de naissance ou un passeport, c’est tout !», a précisé un agent enrôleur, avant d’ajouter que «si quelqu’un a un récépissé de CNI c’est qu’il a forcément un acte de naissance ou un jugement supplétif».

Cette révision de la liste électorale a été présentée par Lambert-Noël Matha comme l’une des phases importantes avant les prochains scrutins à venir. L’opération se fera du 15 au 29 juin 2018 et le liste servira aux scrutins immédiats, à savoir : l’élection des députés à l’Assemblée nationale et le scrutin qui interviendra après, l’élection des membres des Conseils municipaux et des Conseils départementaux. Le mandat de ces conseillers prend fin en février 2019.