Animatrice de radio, co-fondatrice du site Jobgabon.com, de la régie publicitaire Think’Pub et de l’ONG Femact, Gina Nzengue a pris part au programme américain Young african leaders initiative (YALI), du 16 juin au 5 août 2016, aux côtés de cinq autres jeunes gabonais. Avec Gabonreview, cette jeune compatriote décorée de l’ordre national du mérite gabonais raconte son expérience aux Etats-Unis. 

Les participants gabonais au Yali 2016, avec Gina Nzengue, 2e en partant de la droite. © D.R.

Les participants gabonais au Yali 2016, avec Gina Nzengue, 2e en partant de la droite. © D.R.

 

Gabonreview : Présentez-vous à nos lecteur, avant de nous dire comment s’est passée votre sélection pour le Yali 2016 ?

Gina Nzengue : Je m’appelle Gina Nzengue, animatrice radio à Urban FM, gérante de la régie publicitaire Think’Pub et co-fondatrice de l’ONG Femact.

Ma participation au Yali remonte à l’année 2015 au cours de laquelle j’avais postulé avant de me voir intégrer sur la liste d’attente. Pour tout dire, cela signifie que si le candidat sélectionné ne peut plus y aller pour une raison quelconque, vous le remplacerez. J’étais très déçue de ne pas l’avoir réussi mais ça m’a donné une certaine rage positive. Cette attente m’a notamment permis de perfectionner mon anglais et me préparer à cette belle expérience. Cette année, dès que l’application a été mise en ligne, encouragée par mon mentor Dafreshman (promoteur de la radio Urban FM, Ndlr) et quelques proches, j’ai postulé à nouveau. J’ai passé l’étape de l’interview et il m’a été notifié par e-mail que j’avais été sélectionnée. Je ne peux pas vous décrire exactement ce que l’on ressent à ce moment. C’est comme un défi que l’on se fixe pour l’emporter au final. C’est avec beaucoup de fierté que l’on accueille le fait que sur les 40 000 applications créées en Afrique, la vôtre est sélectionnée, et que vous faites partie des 1 000 promoteurs retenus. Fierté mais légère peur également. (Rire)

Des moments du Yali 2016 : photo de famille des participants, scènes d’un cours et d’une activité de service communautaire. © D.R.

Des moments du Yali 2016 : photo de famille des participants, scènes d’un cours et d’une activité de service communautaire. © D.R.

Dans quelle université étiez-vous et qu’avez-vous fait concrètement ?

Pour avoir choisi la formation en business et entreprenariat, j’ai été envoyé dans l’IOWA dans une université privée appelée «Drake University». Rien à voir avec le rappeur américain ! (Rire) Il s’agit, en réalité, d’un excellent collège de business. Nous étions logés au campus universitaire, où l’astuce a été de nous répartir par deux dans des appartements de deux chambres, donc un anglophone et un francophone. L’objectif étant de nous permettre de continuer à perfectionner notre anglais.

S’agissant de la formation, souvent, en matinée notamment, nous avions des cours théoriques en classe sur la finance, la rédaction d’un business plan, le marketing, la recherche de financement, la communication et surtout des cours de Leadership. Après le déjeuner nous visitions de sites d’entreprises, d’associations ou encore des rencontres avec des businessmen. Bref, c’était la version pratique des enseignements théoriques. D’autant que les entrepreneurs doivent également prendre part à la vie de la cité. Aussi, avions-nous une activité communautaire bénévole chaque semaine. Un programme très chargé mais très pratique.

Avec un programme comme celui que vous décrivez, comment fait-on pour tenir et qu’est-ce que vous en avez tiré ?

Personnellement, à Libreville j’ai déjà un rythme très soutenu. Je me lève a 05h30 tous les matins et je reste à travailler souvent au-delà de 18 heures. Je pense que le YALI est une expérience que j’avais vraiment envie de faire. Je m’était donc préparée psychologiquement : la température, l’environnement, la langue et même la nourriture ne sont pas les mêmes que chez nous. Mais il m’a fallu garder à l’esprit les raisons pour lesquelles je m’étais engagée dans cette aventure. Ce n’est que de cette façon qu’on reste concentré, participatif. Ce qui nous permet de tirer le maximum de ce qui nous est enseigné.

Tous les candidats à qui vous poserez la question sur l’apport du YALI vous répondrons différemment, et je pense que c’est cela la magie de cette initiative. On vit cette expérience différemment et en fonction de nos objectifs on en tire des enseignements divers et variés. J’ai quitté les Etats-Unis avec des projets pleins la tête et des idées d’améliorations aussi bien pour la radio dans laquelle je travaille que pour mon entreprise ou pour mon ONG. C’est des enseignements très intéressants et très importants qu’il ne reste plus qu’à mettre en pratique.

Quand et comment comptez-vous les mettre en pratique ?

(Rire) La première chose à faire, c’est de ne pas le garder pour soi, il faut partager son expérience et ses acquis avec ceux qui n’ont pas eu la possibilité de bénéficier de cette opportunité. Ensuite, parlant de «quand», je mettrai en pratique ces enseignements, je dirai comme certains que «Rome ne s’est pas fait en un jour». En tant que YALI, nous avons une grosse responsabilité, des gens nous ont fait confiance et on investi beaucoup d’argent en nous, la meilleure manière de leur rendre la pareille est de leur montrer que ce n’est pas un investissement vain.

Toutefois, dès mon retour à Libreville, je me suis résolument mise en tête d’être une meilleure personne, un meilleur manager. Pour le reste, comme je vous l’ai dit, il y a énormément de projets en perspective. Je reviendrai d’ailleurs vous présenter les résultats le moment venu.

Le Yali 2016 s’est achevé à Washington sur un sommet dédié aux différents participants et une rencontre avec le président Barack Obama. Comment avez-vous vécu ce moment ?

Il s’est agi d’un sommet, dont la forme est quelque peu assimilable au New-York Forum Africa au Gabon. Ce rendez-vous offre des cessions principales avec des interventions d’experts sur la politique américaine à l’étranger, sur les possibilités d’investissements en Afrique. Il y a également des sessions plus restreintes en fonction du secteur d’activités des participants, au cours desquelles certains ont eu la possibilité de rencontrer des CEO de grosses boîtes, et de rencontrer d’autres jeunes Africains du même secteur. Le dernier jour est réservé à la rencontre avec le président Barack Obama. Ce que je retiendrai de son intervention c’est, entre autres, cette phrase : «Arrêtez de dire et de parler de ce que vous voulez faire et posez des actions !» Ce dont on a besoin, ce n’est pas de grands discours mais de grandes actions.

Interview réalisée en partenariat avec la radio Urban FM