Il est bien loin le temps où les dirigeants gabonais faisaient illusion en haussant un peu le ton. Aujourd’hui, l’information circule, s’échange et s’affiche, clouant au pilori l’incroyable gabegie de certains responsables. Et c’est au tour de Barthélemy Bouassa Moussadji, secrétaire général de la Fegafoot d’en faire les frais.

© D.R.

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Heureux, sans doute, de paraître dans le journal, l’Union du mercredi 30 janvier, M. Bouassa Moussadji a omis, semble-t-il, de préparer les réponses aux questions qui lui seraient posées. Il a donc du se contenter d’avouer publiquement qu’après presque 10 ans passés à diriger la Fegafoot, il ne connaissait toujours rien des us et coutumes du football.

Bien entendu, la nouvelle génération de supporters incarnée par les animateurs du site http://les-panthernautes.com, ne s’est pas privée d’en faire la publicité : «De cette interview, il ne ressort rien ou presque car jamais un dirigeant de sport n’avait paru aussi peu sérieux. Au cours de cet entretien, le tout puissant SG fédéral, qui a passé son temps éluder les questions posées nous a livré une copie vide, qui mérite une note de 2/20, uniquement pour le temps qu’il a accordé au journal car au sortir de là, il n’a fait que nous confirmer qu’il est plus un boulet pour le football dans notre pays. Est-ce une surprise ?»

Et nos collègues journalistes ne s’arrêtent pas là, revenant en détail sur quelques faits d’armes récents de M. Bouassa Moussadji.

Suspension d’Éric Mouloungui en 2008 :

«En juin 2008, pendant le match qualificatif pour le dernier tour éliminatoire de la Coupe du monde 2010, Eric Mouloungui avait écopé d’un carton rouge contre le Lesotho. Carton rouge injustifié à l’époque et dont le public gabonais avait jugé utile de faire appel de la décision auprès de la CAF. Seulement l’appel avait été transmis hors délais par le secrétaire général et Mouloungui n’avait pas disputé les 3 premières rencontres du tour suivant par la faute de l’incapacité de M. Bouassa de lire un règlement.»

Déplacement des Panthères U20 en Tunisie pour la CAN junior 2013 :

«Le public gabonais n’a pas oublié la mésaventure rocambolesque qui aurait pu couter la qualification aux Panthéreaux en Tunisie. En effet, alors qu’il est garant du respect de la règlementation de la CAF, le SG de la Fegafoot encore une fois incapable d’interpréter un texte a mis en péril la nation gabonaise en laissant partir des joueurs qui n’avaient plus l’âge autorisé pour être aligné avec cette catégorie d’âge. Là encore, le secrétaire général invoquera la méconnaissance du règlement en la matière.» Les Panthéreaux s’en sortiront, jouant le match à 11 sans, possibilité de changement.

Renouvellement du bureau de la Fédération :

«Il y a quelques mois la Fifa avait envoyée une correspondance à toutes les fédérations nationales qui rappelait les dates des renouvellements des comités exécutifs dans chaque pays. Pour le Gabon la date fixée était le 7 janvier 2013 en accord avec le mandat qui vient de prendre fin (7 janvier 2009 – 7 janvier 2013). Dans sa réponse au journal l’Union, il déclare qu’il n’a pas l’information selon laquelle la Fifa avait fixé au 7 janvier 2013 au plus tard la date de la prochaine élection . C’est encore là la preuve de l’incompétence notoire d’un dirigeant qui ne sait jamais rien. A croire que la honte de déclarer publiquement des mensonges n’est plus une chose qui inquiète monsieur Bouassa.»

Sanction de la FIFA concernant Charly Moussono

«En octobre 2012, la FIFA sanctionnait la Fegafoot pour avoir aligné Charly Moussono lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. En cause, le fait que ce dernier a déjà évolué avec la sélection de beach-soccer du Cameroun pendant la Coupe du monde 2006 au Brésil. Donc, le secrétaire général de la fédération ne savait pas que Charly Moussono était international camerounais ayant évolué pour le Cameroun lors d’une compétition Fifa. Avec la magie d’internet on pouvait pourtant avoir cette information sur le site officiel de la Fifa. Mais chut ! Non, il ne faut pas embêter nos chers dirigeants avec les choses modernes d’internet, c’est mieux de continuer à diriger les affaires comme au village et ne pas vivre avec son temps en cherchant des informations en temps réel.»

Les panthèrenautes concluent sur le renouvellement du bureau annoncé avant la fin mars : «Le plus grave c’est quand au sujet du renouvellement du bureau, le génie du secrétariat exécutif affirme que le congrès sera convoqué par un président fédéral ne vivant plus sur le territoire national depuis longtemps. M. “je ne savais pas” affirme également dans une cacophonie incroyable que les statuts de la fédération fixent la date de l’élection à 60 jours de la fin du mandat.»

Il y a fort à parier que les prochains dirigeants élus de la Fegafoot auront à apprendre à travailler avec des supporter devenus exigeants, et sans doute plus au fait qu’eux-mêmes des réglementations, ce qui sera, il faut l’avouer, une véritable révolution dans le petit monde du football gabonais s’ils y parviennent.

Plus généralement, l’association Les Panthèrenautes préfigure une nouvelle génération de consommateurs, devenus exigeants et organisés, et il ne faudra sans doute pas longtemps pour que d’autres secteurs sensibles et défaillants, comme la santé, la grande distribution, l’agro-alimentaire, l’éducation nationale ou l’administration, aient des comptes à rendre aux usagers qui ne se laisseront plus manipuler par des promesses absurdes et illusoires comme c’est encore le cas aujourd’hui.