Le Rassemblement des patriotes républicains (RPR), parti fondé par l’ancien Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane est officiellement entré dans l’arène politique nationale, à la suite de sa reconnaissance par le ministère de l’Intérieur.

L’ancien Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, président du Rassemblement des patriotes républicains (RPR). © D.R.

 

Jean-François Ntoutoume Emane, Jean Ping et d’autres cadres de l’opposition gabonaise. © D.R.

Trois ans après son départ du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien Premier ministre peut désormais se prévaloir du titre de chef de parti. A la suite de la mue, en janvier dernier, de l’Union pour le développement et la liberté (UDL), en RPR, il a fallu quelques mois à Jean-François Ntoutoume Emane, porté à la tête de la nouvelle formation politique, pour agir dans la légalité. Il a enfin reçu la reconnaissance définitive du ministère de l’Intérieur.

Le RPR a célébré sa légalisation le 29 juin à Libreville, en présence de nombreux militants et partisans, mais aussi de plusieurs personnalités de l’opposition, particulièrement celles de l’opposition dite radicale : Jean Ping, Zacharie Myboto, Jean Eyeghe Ndong, Didjob Divungui, Philibert Andzembe.

Jean-François Ntoutoume Emane a prononcé un  discours dense dans lequel il a rendu un hommage appuyé à Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé, «son frère, et surtout son ami de près de 60 ans», ancien président de l’Assemblée nationale, décédé le 26 mars 2018 à Libreville.

Le président du RPR a rappelé leur jeunesse passée dans un collègue au Congo, alors que Brazzaville était la capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), mais également le combat mené par ce dernier dans le cadre de la recherche de la démocratie, de la justice et du développement du Gabon.

Pendant plus d’une heure, l’ancien Premier ministre a dressé un tableau sombre du Gabon actuel. Il a dit avoir «honte, très honte» de la situation dans laquelle se trouve le pays depuis 2009. «On nous a promis l’émergence, mais, hélas, on ne cesse d’immerger le Gabon et les Gabonais dans le chaos et la chienlit», a-t-il déclaré, ajoutant qu’«aujourd’hui, notre pays est en lambeaux dans tous les secteurs y compris la Fonction publique et il a déjà un pied dans la banqueroute, dans la cessation de paiements».

Pour lui, aucun bailleur de fonds ne peut faire confiance aujourd’hui au pouvoir «sans légitimité du peuple». La mission de son parti est donc de «restaurer la victoire du peuple gabonais volé en 2016 et l’Etat  de droit».

Si l’ancien maire de Libreville croit toujours que Jean Ping, arrivé officiellement deuxième à la présidentielle de 2016, va «récupérer sa victoire et prendre le pouvoir», il suggère  que «pour lutter contre l’érosion du pouvoir d’achat, il nous semble indiquer de mettre en place un mécanisme d’ajustement approprié, par rapport à l’augmentation constante du coût de la vie». «L’absence d’un tel mécanisme est l’une des grandes faiblesses des économies peu développées», estime-t-il.

Le RPR rejoint la Coalition pour la nouvelle République (CNR) dirigée par Jean Ping. Il devrait certainement participer aux prochaines législatives.