Le Gabon a été, dans la soirée du dimanche 29 décembre 2013, le 15è pays du monde à célébrer son tout premier mariage homosexuel. Deux hommes ont décidé d’officialiser leur union à travers un mariage coutumier, en présence de leurs familles respectives.

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Depuis la légalisation du mariage gay dans certains pays occidentaux et notamment en France, en avril 2013, les homosexuels Gabonais sont mus par une curieuse volonté de trangresser les normes légales. Comme révoltés par une forme d’injustice à leur égard, ceux-ci énoncent de plus en plus le désir de voir leur union officialisée. Quitte à détourner la loi relative au mariage en République gabonaise. En effet, si le lundi 8 juillet 2013, le ministre gabonais de la Justice, Ida Reteno Assonouet, devant la Commission des lois, des Affaires administratives et des droits de l’homme de l’Assemblée nationale, déclarait : « il est inadmissible que l’on puisse ratifier un texte qui légalise le mariage entre deux hommes, car c’est une abomination qui ne rentre pas dans les mœurs de notre société », les homosexuels Gabonais ont récemment trouvé une parade pour contourner l’interdiction.

Images «prises sans flash à partir d'une caméra cachée» : une partie de la dot et quelques témoins sur le théâtre de l’évènement. © Facebook/jonas.moulenda

Images «prises sans flash à partir d’une caméra cachée» : une partie de la dot et quelques témoins sur le théâtre de l’évènement. © Facebook/jonas.moulenda

Considérant la valeur accordée au mariage traditionnel par certains textes de loi récemment adoptés sur le plan national, deux « amoureux » ont prix le parti de faire officialiser leur union par ce biais plus ou moins légal. A cet effet, la soirée du dimanche 29 décembre dernier aura été l’un des plus marquantes pour les populations du quartier PK8, dans la banlieue de Libreville. Ces derniers, selon le journaliste Jonas Moulenda, auraient assisté, pour certains, au premier mariage coutumier gay. En effet, la source indique qu’« un homme d’une quarantaine d’années a formalisé son union avec un autre homme, en présence de nombreux invités rassemblés au domicile de  »la mariée » ». Une cérémonie organisée nuitamment et dans la plus grande intimité, vraisemblablement pour éviter d’attirer l’attention, dans un pays où l’homosexualité apparaît encore comme une « abomination ». Bien que certaines personnalités, souvent haut placées entretiennent des unions similaires, à en croire des indiscrétions. Même que la certitude d’une ascension sociale passerait par orientation sexuelle dans certaines administrations, rapporte-t-on dans le pays.

Pour ce qui est des « nouveaux mariés », des témoignages concordants rapportent que « l’homme devenu la femme de son semblable serait homosexuel depuis plus d’une décennie », et que ce dernier aurait décidé de formaliser l’alliance «contre nature» dans le but de « vivre pleinement son amour ». Pour ce faire, et comme dans tout mariage coutumier, une cérémonie faste aurait été organisée à son domicile, situé entre les 2-Ecoles et le carrefour Nyali. Ainsi que l’exige la tradition, des pourparlers ont été engagés entre les deux familles : « Les représentant de la famille du mari ont expliqué leur présence sur les lieux par leur volonté de formaliser l’union entre « leur fils » et sa compagne. Cette dernière, qui était d’abord en retraite dans une pièce voisine, est sortie en tenue féminine pour receptionner la dot, donnant ainsi son quitus à l’union ». Cris de joie et félicitations à l’endroit de l’« heureuse élue ».

S’en est donc suivi un défilé de dons de natures diverses, déposés aux pieds de la famille de « la mariée », en guise de dot : pagnes, marmites en aluminium, bouteilles de liqueur, vins de marque, etc. « et une importante somme d’argent », indique Jonas Moulenda, sans omettre les formules d’usage échangées par les deux familles, le festin et le bal dansant.

Des informations rapportent par ailleurs que « la mariée », aîné(e) d’une grande fratrie, serait en froid avec certains membres de sa famille, visiblement en désaccord avec ses choix jugés immoraux et contre-nature, quand d’autres, résignés, continuent à vivre dans sa maison. En effet, indique-t-on, bien que n’ayant pas d’emploi, la jeune mariée serait propriétaire de plusieurs maisons, actuellement en location. Jonas Moulenda a eu tout le mal du monde à obtenir des images de la cérémonie, sauf les deux «prises sans flash à partir d’une caméra cachée» et montrant une partie de la dot et quelques témoins sur le théâtre de l’évènement.